Une mycose est une infection due à des champignons microscopiques. Les plus courants sont les levures du genre Candida, responsables des candidoses (mycose vaginale, balanite, mycose des plis), et les dermatophytes, qui touchent la peau des pieds et les ongles. Ces champignons apprécient la chaleur et l'humidité : plis de la peau, espaces entre les orteils, chaussures fermées, muqueuses génitales. Les signes varient selon la zone : démangeaisons, rougeur, peau qui pèle ou se fissure, ongle qui jaunit et s'épaissit, pertes blanches et brûlures intimes. Une mycose n'est pas grave en soi, mais elle a tendance à s'étendre et à récidiver si elle n'est pas traitée jusqu'au bout.
Toutes les mycoses ne se traitent pas en automédication. Le muguet buccal, une mycose buccale due le plus souvent à Candida albicans, forme des dépôts blanchâtres sur la langue et les joues ; il touche surtout le nourrisson, la personne âgée qui porte un appareil dentaire ou après un antibiotique : il demande une prise en charge médicale. La teigne du cuir chevelu, fréquente chez l'enfant en contact avec des animaux, provoque des plaques avec chute de cheveux ; son traitement se prend par voie orale, sur ordonnance. Le pityriasis versicolor se manifeste par des taches plus claires ou plus foncées sur le tronc ; il relève d'un antifongique local en gel ou en shampooing, souvent au kétoconazole. Dans tous ces cas, montrez les lésions à un médecin avant de choisir un produit.
Les traitements disponibles sans ordonnance sont des antifongiques locaux. Beaucoup appartiennent à la famille des imidazolés : le clotrimazole (MycoHydralin, Clotrimazole EG Labo), le sertaconazole (Monazol), le miconazole (Daktarin poudre), l'éconazole (Pevaryl, Econazole Teva), ou encore Fazol crème. Le ciclopirox est présent dans des crèmes et des vernis pour les ongles. La forme dépend de la zone : crème ou poudre pour la peau, spray pour les grandes surfaces, vernis pour l'ongle, ovule, capsule ou comprimé vaginal pour une mycose intime. Les antifongiques en comprimés à avaler, recherchés sous le nom d'« antifongique comprimé », relèvent en revanche d'une prescription médicale.
La crème convient aux mycoses de la peau et des plis ; elle s'applique une à deux fois par jour selon le produit, en débordant légèrement de la zone atteinte. La poudre, comme Daktarin 2 %, est pratique entre les orteils et dans les zones qui macèrent. Le vernis médicamenteux pénètre l'ongle et s'utilise sur plusieurs mois. Pour une mycose vaginale, l'ovule ou la capsule agit dans le vagin, et une crème au clotrimazole 1 % traite l'atteinte de la vulve : les fiches de MycoHydralin conseillent d'associer les deux quand la vulve est touchée. Le fonctionnement de l'ovule et le délai d'amélioration sont abordés dans notre article quand l'ovule fait-il effet sur une mycose. En cas d'hésitation, votre pharmacien vous oriente vers la forme la plus adaptée.
La règle principale est d'aller jusqu'au bout de la durée prévue, même si les démangeaisons disparaissent en quelques jours : les champignons peuvent persister et la mycose revenir. Lavez la zone avec un savon doux, séchez-la soigneusement, surtout entre les orteils, puis appliquez le produit. Lavez-vous les mains après chaque application pour ne pas transporter l'infection vers une autre zone. Changez chaque jour de serviette, de chaussettes ou de sous-vêtements, et privilégiez le coton. Si rien ne s'améliore dans le délai indiqué par la notice, le diagnostic mérite d'être vérifié par un médecin. Arrêt prématuré, erreur d'autodiagnostic ou usage inadapté du produit : notre article pourquoi une mycose ne part pas malgré le traitement passe en revue ces causes d'échec.
Les mycoses reviennent volontiers quand les conditions qui les favorisent persistent. Pour les pieds : séchez bien entre les orteils, alternez les chaussures, portez des sandales dans les douches collectives et à la piscine. Pour les mycoses intimes : évitez les toilettes vaginales et les savons agressifs, préférez des sous-vêtements en coton et ne restez pas en maillot humide. Un diabète mal équilibré, un traitement antibiotique ou une baisse d'immunité favorisent aussi les candidoses. Des récidives fréquentes justifient un bilan médical plutôt qu'une nouvelle automédication.