Le paracétamol, appelé acetaminophen dans les pays anglo-saxons, est un dérivé chimique de l'acétanilide. Il est à la fois analgésique (il calme la douleur) et antipyrétique (il fait baisser la fièvre). Son mécanisme n'est pas entièrement élucidé : il semble agir surtout au niveau du cerveau et de la moelle épinière, sur la perception de la douleur et le centre de régulation de la température. Il est indiqué dans les douleurs d'intensité légère à modérée : maux de tête, états grippaux, douleurs dentaires, courbatures, règles douloureuses. C'est un traitement symptomatique : il soulage sans traiter la cause. En médecine, il fait partie des antalgiques de palier 1 et reste la référence pour soulager la douleur légère, à condition de respecter les doses. Face à la fièvre, l'objectif n'est pas une diminution à tout prix de la température, mais le confort. Pour comparer les grandes familles d'antalgiques, lisez aspirine, paracétamol, ibuprofène : les différences.
Contrairement à l'aspirine et à l'ibuprofène, le paracétamol n'agit pas sur l'inflammation. En revanche, il n'expose pas aux risques digestifs, rénaux et cardiovasculaires propres aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), et il a moins de contre-indications. C'est pourquoi l'Assurance maladie et l'ANSM le recommandent en première intention en automédication, à la dose efficace la plus faible et sur la durée la plus courte. Il peut être utilisé pendant la grossesse et l'allaitement, après avis médical. Il existe aussi des associations plus puissantes, avec la codéine ou le tramadol (tramadol-paracétamol) : elles sont délivrées uniquement sur ordonnance et ne figurent pas dans ce rayon.
Les grandes marques vendues en pharmacie sont des noms commerciaux ; les génériques Biogaran ou Mylan (aujourd'hui groupe Viatris) contiennent la même substance active, au même dosage. L'efficacité est identique : seuls changent le laboratoire, le nom, le prix, parfois la forme et les excipients. Le 1000 mg comprimé sécable permet de fractionner la prise ; le comprimé effervescent sécable, comme le Paracétamol Biogaran 1 g effervescent, est pratique si vous avalez mal mais apporte du sodium. Le comprimé pelliculé est plus facile à avaler. D'autres présentations existent en France, comme la poudre pour solution buvable ou la solution buvable en sachet. Notre article paracétamol ou marque répond en détail.
À partir de 50 kg, la dose habituelle est de 1 g par prise, par voie orale, à renouveler si nécessaire après 4 heures au minimum, sans dépasser 3 g par jour en automédication. Une quantité supérieure ne se prend que sur prescription. En dessous de 50 kg, la dose se calcule selon le poids : les dosages à 1 g ne conviennent pas, il faut une forme adaptée, à 500 mg ou moins. Pour la fiche Mylan 500 mg, un jeune de plus de 12 ans et de plus de 40 kg prend 1 comprimé par prise, sans dépasser une dose totale de 2 g sur 24 heures. La durée d'utilisation sans consultation est limitée à 5 jours en cas de douleur et à 3 jours en cas de fièvre. Au-delà, consultez pour poser un diagnostic.
Certaines spécialités associent au paracétamol de la caféine, qui favorise son action antalgique et stimule l'état d'éveil. Elles sont réservées aux personnes de 50 kg et plus. Selon la fiche de Claradol, on prend 1 à 2 comprimés par prise, 4 heures minimum entre deux prises, sans dépasser 6 comprimés sur 24 heures sans prescription. Évitez ces spécialités en fin de journée, limitez le café, le thé et les boissons énergisantes pendant l'utilisation, et parlez-en au pharmacien si vous êtes sensible à cette substance, si vous avez des palpitations ou si vous êtes enceinte.
Dans l'organisme, le paracétamol est éliminé par le foie. Une petite partie est transformée en un dérivé toxique, la N-acétyl-p-benzoquinone imine, normalement neutralisée par le glutathion. En cas de surdosage, ce système est débordé : c'est l'hépatotoxicité, qui peut entraîner une hépatite grave, parfois mortelle ; l'intoxication au paracétamol est une cause connue d'hépatite médicamenteuse sévère, avec une mortalité non négligeable sans prise en charge rapide. La dose toxique varie selon la corpulence et le terrain. Les premiers signes, nausées, vomissements, douleurs abdominales, sont souvent absents ou discrets, alors que l'atteinte progresse. Un antidote existe et se donne à l'hôpital : d'où l'importance d'appeler tout de suite en cas de prise anormale.
Pour un usage en toute sécurité, quelques règles suffisent. Suivez la posologie et le mode d'administration de la notice : la voie orale est la plus courante ; la voie rectale existe également pour l'enfant. Respectez la dose maximale journalière et l'intervalle entre deux prises, même si la douleur revient : prendre davantage ne soulage pas mieux, mais augmente le risque d'intoxication. Lisez les précautions d'emploi et repérez chaque produit contenant du paracétamol dans votre armoire à pharmacie : sirops, poudres contre le rhume, associations. Selon la fiche de Prontadol, des prises systématiques, plutôt qu'à la demande, évitent les pics de douleur. En l'absence d'amélioration, ou en cas de douleur aiguë, intense ou inhabituelle, un professionnel de santé doit rechercher la cause. Chez le patient traité au long cours, le médecin évalue si besoin la fonction hépatique et l'intérêt thérapeutique d'un usage prolongé, sous surveillance médicale. Dosages, formes disponibles et contre-indications sont repris dans notre article comment choisir du paracétamol.
Bien toléré aux doses recommandées, le paracétamol impose de consulter dans certaines situations : insuffisance hépatique ou maladie du foie, alcoolisme chronique, syndrome de Gilbert, dénutrition, déshydratation, faible poids, maladie grave des reins, personne âgée fragile, ou prise d'autres traitements au long cours (interaction avec les anticoagulants oraux). Votre médecin adapte alors la posologie : ne modifiez pas les doses vous-même. Les effets indésirables sont rares : réaction cutanée, exceptionnellement troubles sanguins ; tout effet secondaire inhabituel doit être signalé. Si vous êtes allergique au paracétamol, il est contre-indiqué ; en cas d'éruption après une prise, arrêtez et consultez. Pour en savoir plus, lisez quels sont les inconvénients du paracétamol.