Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) agissent sur trois fronts : ils calment la douleur (action antalgique, ou analgésique), font baisser la température et réduisent l'inflammation. Celle-ci se reconnaît à quatre signes : rougeur, chaleur, gonflement et douleur, par exemple après une entorse ou autour d'un tendon. Sans prescription, la molécule orale la plus répandue est l'ibuprofène, utilisée dans le traitement de courte durée des douleurs courantes : dents, courbatures, états grippaux. Un antidouleur de ce type agit sur le symptôme, pas sur sa cause : si la douleur persiste, un diagnostic médical est nécessaire.
Prenez toujours la dose la plus faible qui soulage, pendant la période la plus courte. Pour Nurofenflash ou Spedifen, la notice prévoit à partir de 30 kg une prise de 400 mg, à renouveler si besoin après 6 heures au moins, sans dépasser la dose maximale de 3 comprimés, soit 1 200 mg par jour. Pour la fièvre, le traitement ne dépasse pas 3 jours sans consulter un médecin. Espacez les prises de façon régulière, au moment d'un repas, avec un verre d'eau. Un surdosage peut provoquer nausées, vomissements et douleurs à l'estomac : en cas de surdosage ou d'ingestion accidentelle par un enfant, contactez rapidement un médecin ou un centre antipoison.
En vente libre, on trouve surtout l'ibuprofène jusqu'à 400 mg par prise, l'aspirine (acide acétylsalicylique) et des anti-inflammatoires locaux en gel ou en patch, comme le diclofénac. Ils restent délivrés sous le contrôle d'un pharmacien, car leur utilisation n'est pas sans risque. Le kétoprofène en gel est, lui, soumis à prescription : les autorités de santé (aujourd'hui l'ANSM) ont restreint son accès en raison de réactions cutanées au soleil (photosensibilisation). Les doses plus élevées, les traitements prolongés et la plupart des autres AINS par voie orale nécessitent une ordonnance et un suivi médical. Achetés en automédication, ces médicaments ne sont pas pris en charge par l'Assurance maladie.
Les AINS peuvent irriter la muqueuse gastrique et provoquer des brûlures, voire un ulcère ou un saignement digestif, surtout à forte dose, lors d'une utilisation prolongée ou chez la personne âgée. C'est pourquoi le médecin associe parfois un protecteur gastrique, comme l'oméprazole, chez les patients à risque qui suivent un traitement prescrit. En automédication courte, prenez le comprimé pendant le repas et arrêtez-le en cas de douleur digestive, de selles noires ou de vomissements : ces signes de complication imposent de consulter rapidement.
Au-delà de la sphère digestive, les AINS ont d'autres effets secondaires. Ils peuvent aggraver une insuffisance rénale, surtout en cas de déshydratation (diarrhée, vomissements, forte chaleur), et augmenter le risque cardiovasculaire lors d'une prise à forte dose ou prolongée. En cas de maladie cardiaque, rénale ou hépatique, mieux vaut consulter un professionnel de santé avant toute prise. Une maladie infectieuse (varicelle, infection de la peau ou de la gorge) peut aussi être masquée ou aggravée : dans cette situation, le paracétamol est généralement préféré. Enfin, n'associez jamais deux AINS, y compris un gel et un comprimé, sans l'accord de votre médecin ou pharmacien.
Pour une douleur localisée (tendinite, entorse, contusion, arthrose des doigts ou des genoux), l'application locale d'un AINS agit là où il est appliqué, avec moins de passage dans l'organisme qu'un comprimé. Appliquez-le en massage léger sur une peau saine, jamais sur une plaie, une muqueuse ou près des yeux ; lavez-vous les mains après chaque application et évitez d'exposer la zone traitée au soleil. En revanche, pour une douleur diffuse, des courbatures ou une douleur dentaire, la voie orale reste plus adaptée.