Après une coupure, une éraflure ou une brûlure légère, la peau enclenche seule sa cicatrisation. Un caillot ferme d'abord la plaie, puis une phase inflammatoire nettoie la zone : c'est la rougeur du début. Vient ensuite la formation d'un nouveau tissu : les cellules de l'épiderme se multiplient et recouvrent peu à peu la surface, c'est la régénération de la peau. Dernière phase du processus, le tissu cicatriciel continue de se remodeler pendant de longs mois. Un soin cicatrisant ne remplace pas ce processus de cicatrisation : il aide à protéger la blessure, la garde dans de bonnes conditions et limite les frottements. Une plaie propre et superficielle se referme en général en quelques jours ; il faut plus de temps quand la profondeur est plus importante. Une plaie profonde, souillée ou qui traîne relève d'une consultation. Le tabac, le diabète ou une infection peuvent ralentir la guérison et rendre les cicatrices plus visibles.
Le geste de base reste le nettoyage de la plaie. Lavez-vous les mains, puis nettoyez la blessure à l'eau et au savon, rincez abondamment à l'eau claire et séchez délicatement : c'est d'ailleurs ce que demande la notice de Cetavlon avant chaque utilisation. Un antiseptique peut compléter ce nettoyage si la plaie risque de s'infecter. Pour éviter de laisser des fibres dans la lésion, n'utilisez pas de coton. Appliquez ensuite la crème en couche fine, puis couvrez si besoin d'un pansement propre, surtout sur une zone qui frotte. Renouvelez selon la notice du produit. Évitez de gratter une croûte : elle protège la peau en train de cicatriser. Une plaie qui rougit, chauffe ou suinte impose de consulter un professionnel de santé rapidement.
La texture compte autant que le principe actif, car chacune a un usage différent. Une pommade, grasse, comme Homéoplasmine (base de vaseline) ou A-313, forme un film protecteur qui convient aux zones gercées ou crevassées. Une crème, plus légère et moins grasse, comme la crème au calendula, pénètre plus vite et laisse moins de traces. L'émulsion Biafine se présente en couche plus épaisse sur une brûlure, avec un léger massage selon sa fiche. La crème glycérol vaseline paraffine, émolliente, sert surtout sur les peaux très sèches liées à la dermatite atopique, à l'ichtyose ou au psoriasis. Sur une plaie qui suinte, une texture grasse n'est pas adaptée : demandez conseil à votre pharmacien. Pour les peaux sensibles, une formulation sans parfum est préférable, et chaque ingrédient signalé à effet notoire mérite d'être lu sur la notice. Évitez le contour des yeux, sauf mention contraire.
Homéoplasmine est un médicament homéopathique associant des teintures de plantes, dont le souci des jardins (calendula), et de l'acide borique. Sa notice l'indique en traitement d'appoint des dermites irritatives, chez l'adulte et l'enfant à partir de 30 mois, en couche mince 1 à 3 fois par jour. À cause de l'acide borique, elle ne s'applique ni sur une muqueuse ni sur une peau lésée, ni sur une zone suintante ou surinfectée : ce n'est donc pas un produit pour une plaie ouverte. La crème au calendula de Boiron, également homéopathique, est utilisée en appoint des peaux irritées, crevasses et gerçures, une ou deux fois dans la journée selon sa fiche. Si l'irritation persiste, consultez.
Cetavlon contient du cétrimide, un antiseptique de la famille des ammoniums quaternaires. Il est indiqué en traitement local d'appoint des affections de la peau d'origine bactérienne ou qui risquent de se surinfecter. Il s'utilise chez l'adulte et l'enfant de plus de 30 mois, une à deux fois quotidiennement, sur une peau nettoyée et séchée ; ce n'est pas un soin réparateur. Sa formule contient de l'huile essentielle de lavande et des parabènes, deux excipients à effet notoire : ils imposent des précautions chez l'enfant et chez les personnes allergiques. Lisez la notice avant usage et n'associez pas plusieurs antiseptiques sur la même plaie sans en parler à votre pharmacien.
Une cicatrice chirurgicale ou laissée par un acte esthétique (laser, peeling, azote liquide) suit ses propres règles. Les soins de la cicatrice commencent seulement quand la peau est refermée, et selon les consignes du chirurgien ou du dermatologue. Pendant au moins un an, évitez l'exposition au soleil de la zone ou couvrez-la d'une protection solaire à indice élevé : les UV peuvent laisser une tache brune durable et visible sur une cicatrice récente. Hydratez-la aussi au quotidien ; le chirurgien indique en général au bout de combien de semaines on peut la masser avec une crème hydratante. Une cicatrice qui gonfle, reste rouge et épaisse ou démange fortement peut devenir hypertrophique, voire chéloïde si elle déborde de la plaie d'origine : montrez-la au médecin. N'appliquez aucun produit sur des points de suture sans l'accord de l'équipe qui a réalisé l'opération.