On parle de dysfonction érectile, ou impuissance masculine, en cas d'incapacité répétée à obtenir ou à maintenir une érection d'une rigidité suffisante pour une relation sexuelle satisfaisante, avec ou sans pénétration. Une panne occasionnelle, liée à la fatigue ou à l'alcool, est normale et ne relève pas de ce diagnostic : on retient en général un trouble qui dure depuis plusieurs mois. Elle se distingue des troubles de l'éjaculation et de la baisse du désir, autres formes de dysfonction sexuelle. Le trouble devient plus fréquent avec l'âge, mais il peut toucher des hommes jeunes. Il pèse sur la vie sexuelle, l'estime de soi et le couple : ce n'est ni une fatalité ni un sujet honteux, et en parler à son médecin est la première démarche utile.
L'érection est un phénomène vasculaire commandé par le système nerveux. Lors d'une stimulation sexuelle, les nerfs libèrent des substances qui relâchent les muscles des corps caverneux, deux cylindres situés dans la verge. Le flux sanguin augmente alors fortement et le sang reste retenu dans ces corps caverneux : le pénis gagne en volume et en rigidité. Tout ce qui altère les vaisseaux, les nerfs ou l'équilibre hormonal peut donc affecter la circulation sanguine du pénis et l'érection. Les érections nocturnes, spontanées pendant le sommeil, persistent souvent quand la cause est psychologique : c'est un repère que le médecin recherche.
Les causes sont variées et souvent mêlées. L'origine organique est fréquente : maladie vasculaire, diabète, hypertension, excès de cholestérol, obésité, insuffisance du rein, maladie neurologique, taux de testostérone bas, chirurgie de la prostate (par exemple après un cancer de la prostate) ou effets de certains médicaments. Ces facteurs de risque sont aussi ceux des maladies du cœur : un trouble de l'érection peut être un signal d'alerte d'une maladie cardiovasculaire ou d'un diabète non connus. La composante psychologique (anxiété de performance, dépression, difficultés de couple) joue souvent un rôle, seule ou associée : on parle alors d'impuissance psychologique. Le mode de vie compte aussi : tabac, consommation excessive d'alcool, sédentarité.
La consultation commence par un interrogatoire : ancienneté du trouble, circonstances de survenue, présence d'érections matinales, traitements en cours, qualité de la relation. Le médecin réalise ensuite un examen clinique (tension, pouls, organes génitaux) et prescrit souvent une analyse de sang : glycémie, cholestérol, parfois taux de testostérone. Cette évaluation aide à distinguer une origine organique d'une origine psychologique. Selon la situation, il oriente vers un urologue, en ville ou dans un service d'urologie à l'hôpital, pour des examens complémentaires comme un doppler des artères de la verge. Une courbure anormale et douloureuse de la verge peut évoquer une maladie de La Peyronie, qui relève aussi de ce spécialiste.
Le traitement dépend de la cause identifiée. En première intention, le médecin peut prescrire un médicament par voie orale qui facilite l'afflux de sang lors de l'excitation sexuelle ; il ne déclenche pas d'érection sans stimulation. Ces traitements sont délivrés uniquement sur ordonnance : ils ont des contre-indications, notamment cardiaques, et des interactions, en particulier avec les dérivés nitrés. En cas d'échec, l'urologue peut proposer d'autres options thérapeutiques : injections intracaverneuses à base de prostaglandine, appareil à dépression, ou intervention chirurgicale avec pose d'une prothèse pénienne en dernier recours. Les ondes de choc extracorporelles de faible intensité sont encore en évaluation. Quand l'origine est psychologique, une psychothérapie ou un suivi par un psychologue ou un sexologue aide souvent. Les produits de ce rayon ne sont pas des traitements sur ordonnance : ils peuvent être utilisés en complément, après avis médical, sans promesse de résultat. Traitements médicaux, approches sans médicament et rôle de l'hygiène de vie sont présentés dans notre article comment remédier à l'impuissance.
Les compléments de ce rayon associent surtout des plantes traditionnellement utilisées pour le tonus : maca, tribulus terrestre, ginseng, gingembre, parfois guarana. Certains ajoutent des acides aminés (arginine, taurine) et du zinc, comme Force G Power Men. Ils s'adressent à une baisse de forme ou de désir, pas à une maladie. Respectez la dose indiquée et la durée de cure. Le ginseng et le guarana peuvent être déconseillés en cas d'hypertension, de troubles du sommeil ou de certains traitements : demandez l'avis de votre pharmacien, surtout si vous prenez déjà des médicaments. Les limites de ces produits et les critères de choix sont détaillés dans notre article choisir un complément alimentaire contre l'impuissance.
Ce qui est bon pour le cœur et les vaisseaux est bon pour l'érection. Arrêter de fumer, pratiquer une activité physique régulière, perdre du poids en cas de surpoids, limiter l'alcool et bien dormir améliorent souvent la fonction sexuelle. Le suivi d'un diabète ou d'une tension élevée est tout aussi important. Sur le plan psychologique, réduire la pression de la performance, en parler avec sa ou son partenaire, voire consulter un sexologue, aide à sortir du cercle de l'appréhension. Ces mesures demandent du temps, mais agissent sur les causes.