Existe-t-il un anti-inflammatoire le plus sûr ? Aucun anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) n'est sans risque : la sécurité dépend surtout de votre état de santé, de la dose, du temps de traitement et de la forme. En vente libre en France, l'ibuprofène à faible dose, présenté dans notre rayon anti-inflammatoires à l'ibuprofène, se prend quelques jours seulement. Pour une douleur localisée, une crème ou un patch expose moins l'organisme. Et si un AINS vous est déconseillé, un autre antidouleur, le paracétamol, est l'alternative à discuter avec votre pharmacien.

Quel choix selon votre situation ?

Douleur localisée

Entorse, contusion, tendinite : une application locale limite le passage dans le sang. Le Flector gel 1 % s'utilise chez l'adulte, 5 jours au maximum sans consultation.

Douleur ou fièvre passagère

L'ibuprofène 200 mg, comme Advil 200 mg, est la dose d'entrée : on ne passe à 400 mg que si 200 mg ne suffit pas.

Estomac, cœur ou reins fragiles

Un AINS peut être contre-indiqué. Le paracétamol, par exemple Paracétamol Biogaran 1 g, est un antidouleur sans ces effets digestifs, mais sans action sur l'inflammation.

Grossesse

Chez la femme enceinte, les AINS, y compris en gel ou en patch, sont contre-indiqués à partir du 6e mois de grossesse. Avant, ils ne se prennent que sur décision du médecin.

Pourquoi aucun anti-inflammatoire n'est « sûr » pour tout le monde

Les AINS (ibuprofène, diclofénac, kétoprofène, naproxène, célécoxib…) forment une même famille. Leur mode d'action est commun : ce sont des inhibiteurs d'une enzyme, la cyclo-oxygénase ; en bloquant cette enzyme, ils réduisent la douleur et l'inflammation. Ce mécanisme explique leurs avantages, mais aussi leurs effets secondaires. Les notices de l'ibuprofène, publiées par l'ANSM, citent :

  • des troubles digestifs (maux d'estomac, nausées) et, plus rarement, un ulcère ou des saignements gastro-intestinaux ;
  • une augmentation du risque d'infarctus du myocarde ou d'accident vasculaire cérébral, d'autant plus que la dose est élevée ;
  • des réactions allergiques, dont la crise d'asthme, et exceptionnellement des réactions cutanées sévères ;
  • une contre-indication en cas de maladie grave du cœur, des reins ou du foie.

Le profil de sécurité d'un anti-inflammatoire dépend donc d'abord du patient : âge, antécédents médicaux, traitements déjà en cours. Le sujet âgé présente davantage d'hémorragies digestives et d'ulcères. La règle commune à toutes les notices : utiliser la dose efficace la plus faible pendant le temps le plus court possible. C'est la meilleure façon de limiter les problèmes, bien plus que le nom du médicament. Un anti-inflammatoire puissant sans ordonnance n'existe d'ailleurs pas : les molécules les plus fortes sont réservées à la prescription, comme le rappelle notre article anti-inflammatoire puissant sans ordonnance : les limites.

Voie orale ou application locale : comparer

Tous les anti-inflammatoires n'exposent pas l'organisme de la même façon. Voici ce que disent les notices des formes disponibles sans ordonnance en France, pour vous aider à choisir.

FormeExemplePassage dans l'organismePoints de vigilance
Ibuprofène 200 mg, voie oraleAdvil, Nurofen 200 mgEffet sur tout l'organisme1 200 mg sur 24 h au maximum ; 3 jours en cas de fièvre, 5 en cas de douleur
Ibuprofène 400 mg, voie oraleAdvil 400 mgDose plus forte par priseÀ partir de 30 kg ; seulement si 200 mg ne suffit pas ; 3 unités sur 24 h
Gel à 1 %Flector gelApplication locale sur peau saineAdulte ; effets généraux possibles selon la quantité, la surface et le temps d'application ; pas de soleil
Emplâtre à 1 %Diclofénac 1 % emplâtreQuantité passant dans le sang très faible selon sa notice2 emplâtres sur 24 h au maximum, une seule zone à la fois ; consulter après 3 jours
Paracétamol 1 g (acétaminophène, pas un AINS)Paracétamol Biogaran 1 gAntalgique par voie orale4 heures minimum entre deux prises, 3 g sur 24 h ; attention au surdosage

Pour soulager les douleurs articulaires ou musculaires bien localisées, une forme topique (gel, crème, pommade, patch) est donc une option à considérer. Elle n'est pas sans précaution d'utilisation pour autant : jamais sur une plaie ou un eczéma, ni sous un pansement hermétique. Contrairement aux anti-inflammatoires oraux, elle agit surtout là où elle est appliquée.

Patchs anti-inflammatoires : dans quels cas ?

L'emplâtre médicamenteux délivre la substance active directement sur la zone douloureuse. La notice de l'emplâtre à 1 % précise que, dans des conditions normales d'utilisation, la quantité passant dans le sang est très faible, si bien que les interactions décrites pour la forme orale sont peu probables. C'est un vrai avantage si vous prenez déjà plusieurs médicaments, et un antidouleur local à choisir en priorité pour une petite blessure.

  • Les indications sont précises : traumatismes bénins douloureux, comme une foulure, une entorse ou une contusion après une blessure sportive.
  • Le Flector Tissugel est aussi indiqué dans les poussées douloureuses de l'arthrose du genou, après un premier diagnostic médical. Une douleur de hanche liée à l'arthrose relève, elle aussi, d'une prise en charge par le médecin.
  • Les emplâtres à 140 mg (Urgo, VoltarenActigo) sont réservés à partir de 16 ans.

Après avoir retiré l'emplâtre, évitez d'exposer la zone au soleil ou aux cabines UV, pour réduire le risque de photosensibilité. La sélection de patchs anti-inflammatoires se trouve ci-dessous, et l'ensemble de ces emplâtres dans le rayon patch anti-inflammatoire.

Quand demander l'avis d'un professionnel ?

Avant de prendre un anti-inflammatoire, parlez-en au pharmacien ou au médecin dans ces situations, où une complication grave devient plus probable. Mieux vaut consulter un professionnel de santé :

  • antécédent d'ulcère, de saignement digestif ou de maladie inflammatoire de l'intestin (maladie de Crohn, colite), ou troubles intestinaux inexpliqués ;
  • insuffisance cardiaque, angine de poitrine, antécédent d'infarctus ou d'AVC, ou facteurs de risque cardiovasculaire (tension élevée, diabète, cholestérol, tabac) ;
  • maladie grave du foie ou des reins, âge avancé ;
  • grossesse, allaitement, ou asthme déclenché par l'aspirine ou un autre AINS ;
  • traitement par anticoagulant, corticoïde, antidépresseur de type ISRS, lithium, méthotrexate ou médicament de la tension.

Tout savoir sur la sécurité des anti-inflammatoires

Beaucoup de recherches portent sur le « danger » de Celebrex (célécoxib), Arcoxia (étoricoxib), Apranax (naproxène), Brexin ou du diclofénac 75 mg. Ces anti-inflammatoires oraux sont délivrés uniquement sur ordonnance : le médecin les prescrit après avoir évalué votre situation, notamment votre profil digestif et cardiovasculaire. Le kétoprofène est dans le même cas.

Ils partagent les contre-indications de la famille des AINS. Il n'existe pas de classement simple du « moins dangereux » : un médicament bien toléré par une personne peut être contre-indiqué chez une autre. Pour une question sur un traitement prescrit, votre pharmacien peut relire la notice avec vous ; seul le médecin peut modifier la prescription. Signalez aussi tout effet indésirable sur le site de signalement de l'ANSM, l'agence qui évalue le rapport bénéfice-risque de chaque classe thérapeutique en France.

L'aspirine (acide acétylsalicylique) appartient aussi à la famille des anti-inflammatoires. Elle ne doit pas être associée à un autre AINS : les notices de l'ibuprofène imposent d'informer le médecin ou le pharmacien si vous prenez de l'aspirine, y compris à faible dose pour protéger le cœur, car l'association augmente le risque de saignement.

Si vous avez déjà fait une allergie ou une crise d'asthme après la prise d'aspirine ou d'un autre AINS, ces médicaments vous sont contre-indiqués. Ne jamais cumuler deux AINS, même sous deux noms commerciaux différents, par exemple un comprimé et un sachet.

Le paracétamol, appelé acétaminophène dans d'autres pays, est un antalgique et antipyrétique : cet antidouleur permet de soulager la douleur et de faire baisser la fièvre, sans agir sur l'inflammation. Il n'a pas les contre-indications digestives et cardiaques des AINS (les différentes marques sont dans le rayon paracétamol), mais il a ses propres règles : 1 g par prise au maximum, au moins 4 heures entre deux prises, 3 g par jour chez l'adulte de plus de 50 kg.

Le principal danger est le surdosage, qui atteint le foie. Vérifiez l'absence de paracétamol (ou d'acétaminophène sur une boîte achetée à l'étranger) dans vos autres médicaments. En cas de maladie hépatique, de consommation régulière d'alcool ou de poids inférieur à 50 kg, demandez conseil. Pour comparer les deux antidouleurs, lisez notre article ibuprofène ou Doliprane : les différences.

Chez l'enfant, la posologie de l'ibuprofène utilisé comme antidouleur dépend du poids. Les notices indiquent 20 à 30 mg/kg/jour en 3 prises, sans dépasser 30 mg/kg/jour. Le comprimé à 200 mg n'est adapté qu'à partir de 20 kg (environ 6 ans), le dosage à 400 mg à partir de 30 kg. Pour les plus petits, il existe des suspensions buvables, avec une dose selon le poids.

Les gels au diclofénac ne sont pas recommandés chez l'enfant, et les emplâtres à 140 mg sont contre-indiqués avant 16 ans. En cas de varicelle, l'ibuprofène est déconseillé : les notices signalent d'exceptionnelles infections graves de la peau.

  • Prenez le comprimé avec un grand verre d'eau, de préférence au cours d'un repas.
  • Respectez l'intervalle entre deux prises : 6 heures pour l'ibuprofène 200 mg.
  • Sans consultation, ne dépassez pas 3 jours en cas de fièvre et 5 jours en cas de douleur.
  • Ne prenez pas deux antidouleurs à base de la même molécule : lisez la composition de chaque produit.
  • Un AINS peut masquer les symptômes d'une infection : si la fièvre ou la douleur persistent, consultez.
  • Arrêtez et consultez en cas de selles noires, de sang dans les vomissements ou d'éruption cutanée.

Pour suivre ces règles, gardez la notice. Chaque commande de médicaments passée sur notre site est vérifiée par un pharmacien de la Pharmacie Silvestre, à Domène, agréée ARS : un service utile pour sécuriser votre accès aux traitements.

Questions fréquentes

Quel est l'anti-inflammatoire le plus sûr ?

Aucun n'est sûr pour tout le monde : tout dépend de votre santé, de la dose et de la durée. Pour une douleur localisée, une forme locale expose moins l'organisme ; par voie orale, on choisit l'antidouleur à la dose la plus faible, le moins longtemps possible.

Le gel anti-inflammatoire est-il sans danger ?

Il expose moins que le comprimé, mais des effets généraux restent possibles selon la quantité, la surface et la durée. Il est contre-indiqué à partir du 6e mois de grossesse et sur une peau lésée.

Ibuprofène ou diclofénac ?

Sans ordonnance, l'ibuprofène existe surtout par voie orale ; le diclofénac surtout en gel et en emplâtre. Le choix dépend de la zone et de votre profil : demandez conseil au pharmacien.

Un anti-inflammatoire peut-il abîmer l'estomac ?

Oui, les AINS peuvent provoquer des maux d'estomac et, plus rarement, un ulcère ou un saignement digestif, d'autant plus que la dose est élevée. Un antécédent d'ulcère est une contre-indication.

Quelle alternative si je ne peux pas prendre d'AINS ?

Le paracétamol est un antidouleur qui soulage la fièvre et les douleurs, sans effet anti-inflammatoire. Si la douleur persiste, consultez un médecin pour en traiter la cause. Notre article comment calmer une inflammation sans anti-inflammatoire complète ce point.