La brûlure d'estomac, appelée pyrosis, est le plus souvent liée à un reflux acide : le contenu de l'estomac remonte dans l'œsophage, qui n'est pas fait pour le supporter. Normalement, un anneau musculaire, le sphincter œsophagien inférieur, ferme le passage ; quand il se relâche, le suc gastrique irrite la partie haute du tube digestif. On ressent alors une chaleur qui monte vers la gorge, parfois avec des remontées ou un goût aigre dans la bouche. Ces symptômes apparaissent volontiers à la suite d'un repas copieux ou gras, en se penchant en avant ou en position allongée. Une hernie hiatale, la grossesse ou le surpoids, qui peut exercer une pression sur l'abdomen, sont des facteurs favorisants connus ; chaque facteur se discute avec votre médecin.
Quand les brûlures reviennent plus de deux fois par semaine, on parle de RGO (reflux gastro-œsophagien) : c'est une maladie fréquente, parfois chronique. La gastrite est une inflammation de la muqueuse gastrique, qui donne plutôt une douleur au creux de l'estomac. Une infection par la bactérie Helicobacter pylori peut l'entretenir et favoriser un ulcère ; en cas de test positif, le traitement de cette bactérie relève d'une prescription médicale. Ces troubles se ressemblent : seul un avis médical permet d'en poser le diagnostic, avec parfois un examen comme la fibroscopie ou un test respiratoire. Non soigné pendant des années, un RGO peut abîmer l'œsophage (œsophagite) ; une complication plus rare, l'œsophage de Barrett, justifie une surveillance par un spécialiste.
Ces trois familles n'agissent pas de la même façon. Les alginates (Gaviscon, Gavisconell, alginate de sodium Mylan) forment un gel qui flotte sur le contenu de l'estomac et protège l'œsophage des remontées. Les produits comme Rennie servent à neutraliser l'acide déjà présent : ils agissent sur la crise, au moment où elle survient. Les inhibiteurs de la pompe à protons (oméprazole, ésoméprazole) freinent la production d'acide par l'estomac : leur effet n'est pas immédiat, mais ils conviennent quand les symptômes se répètent sur plusieurs jours. Votre pharmacien peut vous aider à choisir selon la fréquence de vos brûlures, votre âge et vos autres médicaments. Notre article quels médicaments choisir contre les brûlures d'estomac présente aussi les antagonistes des récepteurs H2 et les effets secondaires possibles de chaque famille. Les comprimés Rennie contiennent 680 mg de carbonate de calcium et 80 mg de carbonate de magnésium ; leur arôme provient d'un mélange d'huiles essentielles. Ils se sucent ou se croquent, 1 à 2 comprimés au moment des brûlures ou des remontées acides, soit 4 à 8 comprimés quotidiens en général, sans dépasser 12. Ce médicament est destiné à l'adulte et à l'enfant de plus de 15 ans. Il contient du sorbitol. Si vous en avez besoin plusieurs jours de suite, demandez un avis : des brûlures répétées méritent une autre approche.
Selon les fiches de Gaviscon et de l'alginate de sodium Mylan, la posologie chez l'adulte et l'enfant de plus de 12 ans est d'une dose 3 fois par jour, à la suite des trois principaux repas, et éventuellement le soir au coucher ; elle peut être doublée en cas de reflux sévère. En dessous de 12 ans, l'alginate Mylan ne s'utilise que sur avis médical. Chaque dose de Gaviscon contient 142,5 mg de sodium : parlez-en à votre pharmacien si vous suivez un régime pauvre en sel. Ces suspensions renferment aussi des parahydroxybenzoates, qui peuvent provoquer des réactions allergiques. La fiche de l'alginate Mylan cite aussi la grossesse dans son indication.
En vente libre, l'oméprazole 20 mg est réservé à l'adulte, pour une cure courte : une gélule par jour, de préférence le matin, pendant 14 jours au plus. La gélule s'avale entière avec un demi-verre d'eau ou un autre liquide, sans être croquée ni mâchée. On l'arrête dès que les symptômes ont complètement disparu. Il en va de même pour l'ésoméprazole 20 mg. Si vous n'êtes pas soulagé au bout de deux semaines de prise continue, n'enchaînez pas une nouvelle boîte : une consultation s'impose. Signalez aussi vos autres médicaments, car ces molécules peuvent interagir avec certains traitements ; une utilisation prolongée relève d'un suivi médical.
L'alimentation joue un grand rôle. Préférez des repas moins copieux et moins gras, prenez le temps de manger et mieux vaut éviter de vous allonger juste ensuite. Certains aliments déclenchent souvent les symptômes : café, chocolat, tomate, agrumes, plat épicé, boissons gazeuses ; la liste varie d'une personne à l'autre. Limitez l'alcool et arrêtez de fumer : le tabac relâche le sphincter. Une perte de poids, même modeste, soulage souvent, tout comme une activité physique régulière. Surélevez la tête du lit si les brûlures sont nocturnes, et prenez le temps de gérer le stress, qui accentue la gêne. Notre article quelle boisson pour calmer les brûlures d'estomac détaille ce qu'il vaut mieux boire ou éviter.
Beaucoup de personnes sujettes aux brûlures cherchent un remède maison. Le bicarbonate de soude de cuisine neutralise l'acidité mais apporte beaucoup de sodium : il ne convient pas à un usage régulier. Le vinaigre de cidre, le miel, l'aloe vera ou une infusion de camomille sont souvent cités, sans preuve solide ; un produit naturel peut aussi interagir avec un médicament. Notre article choisir un complément alimentaire contre les brûlures d'estomac passe en revue probiotiques, enzymes digestives et plantes, ainsi que leurs interactions possibles. En cas de doute, parlez-en à votre pharmacien, et consultez si les brûlures persistent : un risque de lésion de l'œsophage existe quand l'acidité agit pendant longtemps.