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Qu'est-ce que l'allergie au pollen ?


 

Tout comme l’allergie à la piqûre de moustiques, l’allergie au pollen fait partie des pathologies que l’on peut contracter au quotidien. En France, on enregistre chaque année des millions de cas soumis aux conséquences de l’allergie au pollen. Quels sont les causes, les symptômes et les traitements de cette pathologie ? Ce guide passera au crible ce type d’allergie.

 


 

pollen

Présentation de l’allergie au pollen

L’allergie au pollen est directement liée à l’environnement. En fréquentant des lieux envahis par le pollen, une personne vulnérable pourrait inspirer sans le savoir une grande quantité de pollen qui va alors se loger dans ses bronches. Face à cela, son organisme entame une réaction appelée pollinose qui va libérer des histamines dans les muqueuses respiratoires et oculaires. Cela provoque ensuite une inflammation de la conjonctive des yeux et de la muqueuse nasale.

 

Cette pathologie survient de manière très précoce puisque les troubles peuvent commencer dès l’âge de 3 ans. Toutes personnes qui s’exposent aux agents allergènes, entre autres, le pollen pourraient développer les symptômes.

  • Quelles sont les causes de l’allergie au pollen ?

Les pollens sont depuis toujours pointés du doigts comme étant un des facteurs responsables d’une réaction allergique. Il s’agit d’un agent producteur mâle des plantes, disséminé dans l’air par le vent pendant la période de la floraison. Il en existe plusieurs types, dont les plus allergènes se regroupent en 3 catégories principales. Parmi les pollens allergogènes, on retient, ceux qui proviennent du noisetier, de l’aulne, du frêne, du bouleau, du charme et du chêne. Dans la catégorie des graminées, on peut citer la fléole des prés, le dactyle aggloméré et le raygrass anglais.

 

Plus connue sous le nom de rhume des foins, l’allergie aux graminées peut aussi provenir du blé, de l’orge, de l’avoine et du sigle. Pour terminer, l’armoise, l’ambroisie et le plantain forment le groupe des herbes allergogènes.

 

La concentration des pollens dans l’air s’élève à l’arrivée du printemps, soit entre le mois de mars et de juin.

 

En France, les pollens issus des graminées sont les plus présents dans l’air. Presque toutes les régions françaises sont contaminées par ses agents allergènes entre le mois de mai et juillet. En avril, les régions Nord-est sont envahies par les pollens du bouleau.

 

Les pollens du platane quant à eux se diffusent dans les régions alpines au mois de mars et dans les régions sud-ouest en avril. Pour les régions du sud, celles-ci font face à la présence des pollens de cyprès entre les mois de février et de mars et la saison pollinique se poursuit avec le chêne au printemps. Quant aux régions du bassin méditerranéen, les pollens d’urticacées contaminent l’air à l’arrivée de la période estivale.

 

respiration

 

Bien que l’allergie au pollen soit d’ordre végétal, ses symptômes peuvent être parfois le résultat de la pollution ou de la fumée de cigarette. Les particules nocives dans l’air jouent un rôle de facteur déclencheur d’une allergie. Elles pénètrent à l’intérieur de l’organisme et s’accumulent dans les petites bronches. Cela augmente le risque d’allergie surtout chez les personnes présentant les symptômes d’une allergie au pollen.

 

Il faut savoir que la fumée de cigarette se révèle chez les nourrissons comme un irritant respiratoire. La fréquentation d’un lieu enfumé même avec le feu de bois pourrait donc favoriser l’apparition d’une rhinite allergique.

 

Le climat figure également parmi les facteurs aggravants de l’allergie au pollen. Il faut noter qu’il possède une affinité évidente sur la dissémination des pollens avec le froid, le vent et la sécheresse. Ces trois indices influencent sur le taux de concentration de cet agent allergène. La propagation de ce dernier diminue donc en période froide et durant la sécheresse, mais augmente en temps chaud et humide. Avec le réchauffement climatique, certaines zones autrefois épargnées ont désormais une concentration pollinique très élevée.

 

Bien qu’elle se déclenche dans la plupart des cas avec l’inspiration ou le contact direct avec le pollen, l’allergie est parfois d’ordre héréditaire. Les études cliniques rapportent dans ce cadre que si l’un des parents est atteint, l’enfant présente 48 % de risque d’avoir cette pathologie. Dans le cas où deux parents sont allergiques au pollen, le risque pour leurs enfant de contracter une allergie au pollen s’élève jusqu’à plus de 78%.

 

rhume allergieLes symptômes de l’allergie au pollen

Comme toutes les autres catégories d’allergie, y compris l’allergie au chien et l’allergie au chat, l’intensité des symptômes pour l’allergie au pollen dépend uniquement du degré d’intolérance ou de sensibilité immunologique de la personne atteinte. Elle provoque des réactions dérangeantes au niveau du système respiratoire et oculaire, notamment les yeux, le nez et le poumon. Les agents allergènes entrent donc en contact avec les muqueuses oculaires, nasales et bronchiques. Au premier contact, l’organisme les reconnait et essaie de les expulser en déclenchant une réaction allergique.

 

Dans la plupart des cas, l’allergie au pollen provoque une rhinite allergique ou un rhume des foins. Ses symptômes peuvent ainsi être des crises d’éternuement, un écoulement nasal, un nez bouché, des difficultés respiratoires ou des démangeaisons au niveau du nez. Sur le voile du palais, des cas de prurit peuvent parfois apparaître. Sans prise en charge, ces symptômes peuvent s’étendre sur tous les organes de la sphère ORL.

 

Cette pathologie pourrait également s’accompagner d’une conjonctivite, notamment d’une inflammation de la membrane conjonctive de l’œil. Les personnes qui en souffrent présentent ainsi le syndrome des yeux rouges larmoyants. Elles développent une sensation de sable dans les yeux et une hypersécrétion oculaire matinale. Le cas d’une conjonctivite allergique se révèle être plus grave et sévère chez les patients en bas âge, entre autres, chez les nourrissons. Par contre, les symptômes de cette pathologie s’estompent avec l’âge.

 

Comme l’allergie aux acariens, l’allergie au pollen touche également les organes respiratoires, notamment le poumon. Sans prise en charge, elle expose le sujet à un asthme allergique. Les investigations cliniques rapportent pour cela le cas d’un sifflement bronchique. Il est aussi possible qu’une toux sèche et irritative survient suivant cette maladie.

 

De manière exceptionnelle, l’allergie au pollen pourrait conduire à une allergie alimentaire, plus exactement une allergie alimentaire croisée. Une allergie au gluten est notamment probable. Les symptômes pour cette pathologie se manifestent à travers un prurit de la bouche, des gencives, du voile du palais, une irritation de la gorge ou une sensation d’œdème des lèvres. Il faut bien préciser pour ce dernier symptôme, les effets ne ressemblent pas à ceux de l’œdème de Quincke. Ceux-ci se manifestent très souvent avec une enflure des lèvres.

 

Les traitements possibles pour l’allergie au pollen

Pour la prise en charge des allergies polliniques saisonnières, le traitement se fait par l’évitement des allergènes, le traitement pharmacologique et la désensibilisation.

  • Quelles sont les mesures de prévention pour éviter l’allergie au pollen ?

Pour limiter la contraction des pollens dans l’air, les personnes à risque doivent prendre quelques mesures de précautions, surtout pendant la saison pollinique. La distanciation permettent de diminuer la charge allergène à laquelle les personnes vulnérables s’exposent.

 

La première chose à faire pour cela est de consulter les bulletins du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA). Cette initiative permet de connaître la répartition des pollens dans une ville et d’adopter le comportement idéal en fonction de cela.

 

L’aération de la maison doit être effectuée en fonction de la saison. L’idéal serait de faire une aération profonde et régulière pendant la saison des pluies et de réduire cela pendant la saison pollinique. Il faut aérer les pièces de la maison tôt le matin quand la quantité de pollens dans l’air est encore faible.

 

Lors du nettoyage ménager au quotidien, il est préférable d’utiliser un aspirateur doté d’un filtre HEPA ou d’opter pour des modèles sans filtre certifié. Les tapis et les meubles doivent être nettoyés régulièrement afin d’éviter l’accumulation de poussière.

 

pissenlit

 

Dans certains endroits, il convient d’installer un filtre à pollen ou des grilles de protection antipollen. Il faut, entre autres, les installer dans la voiture, dans les chambres à coucher et même au bureau si cela est possible.

 

Avant de se coucher, il faut adopter au quotidien certains comportements afin de limiter la quantité de pollen emportée au lit. Comme avec l’allergie cutanée, il faut noter que les agressions nocturnes des allergènes rendent le sommeil impossible. Pour cela, il faut se laver les cheveux tous les soirs ou éviter de se déshabiller dans la chambre à coucher. Il faut également se rincer le nez avec un spray d’eau de mer ou une solution saline.

 

Pendant les périodes où la concentration de pollens est très élevée, les personnes vulnérables doivent limiter l’exposition à l’air libre. Elles doivent pour cela limiter les séjours à l’extérieur de la maison, porter un masque de protection durant le jardinage.

  • Quels sont les remèdes naturels pour combattre l’allergie au pollen ? tasse de thé

Grâce aux nombreux remèdes naturels qui existent, l’homéopathie contribue énormément à la lutte contre l’allergie au pollen. Ce concept parfois controversé aide néanmoins les personnes allergiques au pollen à mener une vie normale même pendant la période pollinique. En effet, il aide à réduire les symptômes de l’allergie.

En matière de traitement naturel contre une allergie au pollen, on a en premier lieu, la tisane d’ortie et de menthe poivrée. Cette décoction a la particularité d’inhiber la sécrétion de l’histamine et de limiter les inflammations face aux allergènes. Voici donc les étapes à suivre pour sa préparation :

  • Déposer dans une tasse 1 cuillère à café de menthe séchée et 1 cuillère à café de feuilles d’ortie séchées.
  • Couvrir le mélange avec de l’eau bouillante et laisser infuser pendant environ 15 minutes.

Pour que la tisane fasse son effet, il faut en boire au moins 2 fois par jour.

 

Par ailleurs, pour renforcer le système immunitaire, la consommation de boissons extrêmement riches en vitamine C est fortement recommandée. La vitamine C étant un antihistaminique naturel, celle-ci apporte de l’énergie et participe à l’éviction des allergènes.

 

Dès l’apparition des premiers signes d’allergie au pollen, la personne souffrante peut prendre 2 fois par jour 5 granules d’Apis mellifica 15 CH ou 5 granules de Poumon histamine 15 CH, le matin et le soir.

  • Quels sont les médicaments efficaces pour traiter l’allergie au pollen ?

Aujourd’hui, il existe diverses formes de présentation pour les médicaments destinés au traitement de l’allergie au pollen. Parmi les nombreux dispositifs médicaux disponibles sur le marché, il y a notamment ceux sous forme de spray nasal, de collyre, de comprimé ou de solution buvable en gouttes. Ce sont en général des antihistaminiques, des corticostéroïdes nasaux topiques, des antagonistes de leucotriènes et des stabilisateurs de mastocytes.

 

Les antihistaminiques se trouvent en première ligne des traitements de l’allergie au pollen. Leurs effets permettent de réduire les symptômes de la pathologie et de soulager le système immunitaire. La nouvelle génération pour cette catégorie de médicament est d’ailleurs plus tolérable et moins sédative que l’ancienne version.

 

L’AERIUS 5 mg est un comprimé pelliculé qui contient du desloratadine. Il s’agit d’un antihistaminique anti-H1 non sédatif qui se comporte comme un antagoniste sélectif face aux récepteurs H1 périphériques. Pour cela, son utilisation est souvent indiquée pour le traitement d’une rhinite allergique ou d’une allergie urticaire.

 

L’Allergodil 0,127 mg/dose s’avère être un médicament très efficace contre la rhinite allergique et l’urticaire. Cette solution pour pulvérisation nasale se compose d’azélastine et peut agir au titre d’antihistaminique H1. Elle traite ainsi avec succès les symptômes oraux et oculaires de ces pathogènes.

 

L’Opatanol 1 ml/ml possède aussi les propriétés d’un antiallergique ou d’un antihistaminique. Il possède ces capacités grâce à son principe actif qui est l’olopatadine, un antagoniste sélectif de récepteur H1 très connu. Ce collyre en solution est donc très efficace contre les signes et les symptômes oculaires d’une conjonctivite allergique saisonnière. Afin de tirer profit de ses effets, il faut déposer 2 fois par jour, 1 goutte de ce médicament dans la poche conjonctivale de l’œil.

 

conjonctivite

 

Doté d’une propriété antihistaminique, le Xyzall 5 mg est un comprimé pelliculé qui agit contre les symptômes oraux et oculaires d’une rhinite allergique et d’une urticaire chez les adultes et les enfants plus de 6 ans. Il a comme principe actif la lévocétirizine. Cette dernière s’avère est un antagoniste très efficace et sélectif face aux récepteurs périphériques H1.

 

Classé parmi les antihistaminiques et les antiallergiques, l’Emadine 0,5 mg/ml se comporte également comme un antagoniste de l’histamine H1. Son effet sur les récepteurs histaminiques H1 ou H2 est nettement supérieur par rapport aux autres antagonistes. Ce collyre en solution doit cette efficacité grâce à son principe actif qu’est l’émédastine. La présence de cette substance dans sa formule lui confère ainsi la capacité de traiter et de soulager les symptômes d’une conjonctive allergique saisonnière.

L’Avamys 27,5 microgrammes est une suspension pour pulvérisation nasale, souvent recommandée pour le traitement d’une rhinite allergique chez les adultes et les enfants âgés plus de 6 ans. Ce médicament contient du flucticasone, un corticoïde synthétique trifluoré. Cet actif est généralement connu pour son affinité avec le récepteur aux glucocorticoïdes et ses activités anti-inflammatoires.

 

Dispositif très courant dans le cadre de la prise en charge de l’allergie, la Ventoline 1,25 mg/2,5 ml est une solution pour inhalation par nébuliseur. Il s’agit d’un médicament qui contient du salbutamol. Son action permet de stimuler les récepteurs bêta-2 du muscle lisse bronchique. Grâce à cet actif, ce médicament révèle une efficacité impressionnante dans le traitement symptomatique des asthmes aigus chez le nourrisson.

 

Pour le traitement des allergies, il existe également le Serevent 25 µg/dose. Il s’agit d’une solution pour inhalation buccale qui contient du salmétérol. Grâce aux propriétés de cet actif, ce médicament possède la capacité de combattre et de prévenir les symptômes continus de l’asthme.

  • Qu’est-ce que la désensibilisation ?

La désensibilisation est une méthode efficace pour réaliser un traitement de fond pour l’allergie au pollen. Aussi connue sous le nom d’immunothérapie ou vaccination allergénique, cette technique consiste à modifier l’évolution naturelle de la pathologie. Elle attaque ainsi la source de la maladie et tente de contourner la présence des allergènes en une situation bénéfique pour l’organisme. Durant le processus, les professionnels de la santé prescrivent une dose progressive et tolérée d’allergènes afin de rééquilibrer le système immunitaire face à un allergène particulier. Grâce à cette pratique, le niveau de tolérance augmente petit à petit et le corps s’habitue à l’allergène. C’est en effet un traitement très précis qui nécessite le contrôle et l’expertise d’un médecin spécialiste en allergologie. Seul ce dernier pourrait déterminer la dose à utiliser et préciser l’allergène cible.

 

Les médicaments dans ce cadre sont souvent effectués par voie sous-cutanée avec une injection ou sublinguale. Ce type de traitement prend un peu de temps puisqu’il peut s’étendre sur 3 ou 5 saisons polliniques, soit 3 à 5 ans, mais il demeure très efficace. Plus de 70 % des cas des personnes allergiques ont montré un résultat positif durant le traitement.

 

L’immunothérapie est souvent indiquée lorsque le traitement médicamenteux est devenu impossible. Elle est pour cela recommandée pour traiter une personne qui souffre de conjonctive, de rhinite ou d’asthme modéré.

 

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A propos de l'auteur

 

Laurence Silvestre, Docteur en Pharmacie

 

Titulaire d’un diplôme d’État de docteur en pharmacie, j’exerce la profession de pharmacien en officine depuis plus de 30 ans. J’utilise mon expertise acquise durant ma formation universitaire et la pratique continue de mon métier pour rédiger des articles de qualité à l’attention du grand public. Ces textes contiennent des conseils scientifiques et pharmaceutiques sur différents domaines liés à la santé, au bien-être et à la beauté. Mon expérience professionnelle me permet de vulgariser ces informations pour une meilleure compréhension de la part des patients. En savoir plus sur Laurence Silvestre.