Oui, on peut utiliser un antihistaminique tous les jours pendant une allergie : les formes vendues sans ordonnance dans notre rayon allergie et rhume des foins s'utilisent justement en une seule prise par 24 heures. La durée dépend toutefois de la gêne ressentie, et chaque notice fixe un délai au-delà duquel il faut consulter sans amélioration : 3 jours pour la cétirizine, 7 jours pour la loratadine. Un traitement continu sur plusieurs mois se décide avec le médecin, qui recherche la cause de l'allergie et assure la prise en charge.

Les règles d'une utilisation quotidienne

Une seule prise par 24 heures

Un comprimé sécable au dosage de 10 mg s'avale une fois par 24 heures chez l'adulte, comme l'indique sa notice. Ne dépassez jamais la posologie de la notice, même en cas de forte gêne.

Un seul antihistaminique à la fois

Plusieurs médicaments contre le rhume, la toux ou l'allergie contiennent un antihistaminique H1. Ne les associez pas : faites vérifier la composition avant tout nouvel achat.

Pendant l'exposition

Pour la rhinite allergique, la notice de la desloratadine précise que la durée du traitement est fonction de l'existence des troubles : on le poursuit tant que l'allergène, par exemple le pollen, est présent.

Un avis médical au moins une fois

Pour toute maladie de nature allergique, les notices rappellent qu'il est important de consulter un médecin au moins une fois, notamment pour décider d'un bilan allergologique.

Combien de temps peut-on utiliser un antihistaminique ?

Ces médicaments agissent en bloquant l'action de l'histamine, une substance chimique libérée par l'organisme lors d'une réaction allergique. Chaque antihistaminique se fixe sur un récepteur, le récepteur H1, et limite ainsi les effets de l'histamine : éternuements, nez qui coule, congestion nasale, yeux rouges qui piquent ou démangeaisons de la peau. Ils soulagent la gêne mais ne suppriment pas l'allergie elle-même. Les molécules récentes disponibles en vente libre ont une durée d'action qui permet une seule prise quotidienne. La durée totale dépend du type d'antihistaminique et de l'allergie à traiter : on ne va pas calmer une allergie au pollen et une urticaire de la même façon.

Molécule, dosagePour qui (notice)PosologieDurée, repère
CétirizineAdulte et enfant dès 6 ans10 mg en une prise ; de 6 à 12 ans, 5 mg deux fois par 24 heuresSelon l'évolution ; médecin si pas mieux après 3 jours
10 mg (Loratadine Teva)Adulte et enfant de plus de 30 kg (environ 6 ans)Une prise quotidienne, avec un verre d'eauMédecin si la gêne persiste après 7 jours
5 mg (Desloratadine Urgo)Adulte uniquementUne prise quotidienne, au moment ou en dehors des repasTant que la rhinite allergique est présente
Béclométasone (Humex rhume des foins)Adulte à partir de 15 ans1 pulvérisation dans chaque narine, 4 fois par 24 heuresPendant la période d'exposition pollinique

La béclométasone n'est pas un antihistaminique mais un corticoïde utilisé par voie nasale ; son efficacité maximale n'est atteinte qu'au bout de 2 ou 3 jours d'utilisation régulière. Pour le délai d'action des comprimés, lisez notre article combien de temps faut-il aux antihistaminiques pour agir. Les trois autres molécules s'utilisent par voie orale ; il n'existe pas d'antihistaminique nasal parmi les produits présentés ici. Pour l'urticaire chronique, la desloratadine ne s'utilise qu'après un diagnostic posé par le médecin, qui fixe la durée.

Première ou deuxième génération : des risques différents

On distingue souvent deux générations d'antihistaminique. Le premier groupe, celui des molécules de première génération, comme la phéniramine ou l'oxomémazine, sont des sédatifs : elles passent davantage dans le cerveau et exposent à un risque de somnolence et de baisse de vigilance, majoré par l'alcool. Leurs notices citent aussi une sécheresse de la bouche, des troubles visuels, une constipation, des palpitations et une difficulté à uriner ; elles ne conviennent pas en cas de certaines formes de glaucome.

Les molécules de deuxième génération, apparues ensuite, passent peu dans le cerveau et rendent moins somnolent. Pour certaines, des études cliniques n'ont pas mis en évidence d'altération de la vigilance aux posologies recommandées. Selon sa notice, la desloratadine ne rend pas somnolent, et la loratadine ne la diminue généralement pas à dose thérapeutique ; une perte de cheveux fait partie de ses effets secondaires très rares. Chaque sujet réagit toutefois différemment : testez votre réponse au traitement avant de conduire, la réponse d'un proche ne préjuge pas de la vôtre. Sous desloratadine, les effets indésirables fréquents sont la fatigue, une sécheresse buccale et des maux de tête. Une vision floue est un effet secondaire rare, et des cas d'accélération du rythme cardiaque ont été rapportés en cas de surdosage. Quant à l'accoutumance, les notices de ces trois molécules n'en font pas mention : pas d'accoutumance décrite, contrairement à la dépendance signalée avec l'oxomémazine.

Rhume : attention à l'antihistaminique caché

Utiliser un antihistaminique chaque matin pour une allergie impose de vérifier les autres médicaments de l'armoire à pharmacie. Plusieurs traitements du rhume en contiennent. C'est le cas des granulés Fervex adultes, qui associent paracétamol, vitamine C et maléate de phéniramine : leur notice demande de vérifier que vous n'utilisez pas d'autre antihistaminique, y compris obtenu sans prescription. La phéniramine peut entraîner une somnolence : il est préférable de commencer ce traitement en fin de journée, et d'éviter l'alcool. Il est réservé à partir de 50 kg (environ 15 ans).

Avant d'ajouter un produit du rayon rhume à votre traitement antiallergique, lisez la composition ou montrez-la à l'équipe de la pharmacie. Un nez qui coule clair, des éternuements en salves et des yeux qui piquent chaque année à la même saison évoquent plutôt une allergie au pollen, parfois associée à une conjonctivite allergique, qu'un rhume : dans ce cas, un seul médicament adapté suffit. La même vigilance vaut pour les produits du rayon nez bouché : lisez leur composition avant de les ajouter.

Quand consulter ?

Une allergie qui dure mérite un diagnostic. Il faut consulter un professionnel de santé, ou appeler immédiatement un médecin pour les signes graves, dans ces cas :

  • aucune amélioration après le délai prévu par la notice du médicament ;
  • difficulté respiratoire, sifflements, gonflement des lèvres, de la langue ou de la gorge : c'est une urgence ;
  • des plaques d'urticaire qui reviennent pendant des semaines, ou un eczéma qui ne s'améliore pas ;
  • une humeur dépressive sous desloratadine : arrêtez le traitement et consultez ;
  • femme enceinte ou qui allaite, maladie des reins ou du foie : avis médical avant tout antihistaminique.

Tout savoir sur l'antihistaminique au quotidien

Certains sirops contre la toux sèche contiennent eux aussi un antihistaminique. L'oxomémazine en sirop est préconisée pour calmer les toux sèches et d'irritation à partir de 2 ans, en particulier la nuit. Sa notice est claire : d'autres médicaments contiennent un antihistaminique, ne les associez pas. Elle peut provoquer une somnolence, surtout en début de traitement, et sans prescription médicale la durée ne doit pas dépasser 5 jours. Des cas d'abus et de dépendance ont été rapportés, et la prudence s'impose en cas d'asthme chez l'enfant. Si vous utilisez déjà un antiallergique chaque matin, choisissez dans le rayon toux sèche un sirop d'une autre famille, sur avis du pharmacien. En France, cette règle vaut pour tout médicament sans ordonnance.

Chez la femme enceinte, ces médicaments demandent un avis médical : c'est une question importante à aborder rapidement. La notice de la cétirizine précise que son utilisation doit être évitée pendant la grossesse et qu'elle ne doit être administrée que si nécessaire ; elle passe dans le lait maternel. La loratadine est déconseillée pendant la grossesse sauf avis contraire du médecin, et passe aussi dans le lait. La desloratadine n'est pas recommandée pendant la grossesse ni l'allaitement. Pour une allergie qui dure toute la saison des pollens, parlez-en tôt au médecin ou à la sage-femme, qui choisira l'alternative adaptée.

Les formes en comprimé ne conviennent pas aux plus jeunes. Le comprimé sécable à 10 mg du tableau ne doit pas être donné avant 6 ans, car cette forme ne permet pas d'adapter la posologie. Le comprimé à 10 mg réservé aux plus de 30 kg n'est pas recommandé avant 2 ans ; ses effets indésirables les plus fréquents entre 2 et 12 ans sont maux de tête, nervosité et fatigue. La desloratadine vendue sans ordonnance est réservée à l'adulte. D'autres présentations, comme des solutions buvables, existent pour les petits : demandez l'avis de votre médecin, qui pourra aussi rechercher un asthme associé.

Un antihistaminique peut soulager les manifestations légères d'une allergie : nez, yeux, plaques qui démangent. Il ne suffit pas face à une réaction allergique grave. Après un aliment, une piqûre ou un médicament, un gonflement du visage ou de la gorge, une gêne respiratoire, un malaise ou des vomissements peuvent annoncer un choc anaphylactique : appelez immédiatement le 15 ou le 112. Les personnes qui ont déjà fait une réaction sévère ont souvent un traitement d'urgence prescrit, à garder sur soi. Une allergie alimentaire, par exemple à un aliment comme l'arachide, se confirme par un bilan chez l'allergologue, avec des tests cutanés ou un test sanguin, puis l'éviction de l'aliment en cause.

Supprimer l'allergène, c'est-à-dire l'éviction, reste la mesure de choix pour limiter la gêne et le besoin de médicament. Les notices donnent des conseils concrets. Contre les acariens, entourez matelas et oreillers d'une housse anti-acariens, lavez la literie deux fois par mois à 60 °C si possible, aérez la chambre et évitez moquettes et descentes de lit. Évitez aussi le contact avec les animaux si leurs poils vous gênent : le contact répété entretient l'allergie. Au niveau du jardin, le contact avec les pollens se réduit aussi. Pendant la saison pollinique, ne tondez pas vous-même le gazon et jardinez avec lunettes et masque. Enfin, si vous devez passer des tests allergiques, demandez s'il faut arrêter l'antihistaminique quelques jours avant, car il peut en fausser les résultats.

Questions fréquentes

Combien de temps peut-on utiliser un antihistaminique ?

La durée dépend du type, de la durée et de l'évolution de l'allergie : pour une allergie saisonnière, le temps de l'exposition au pollen. Au-delà, ou pour une allergie toute l'année, le médecin décide.

Peut-on associer deux antihistaminiques ?

Non, sauf avis médical : les notices demandent de ne pas associer deux médicaments contenant un antihistaminique H1. Notre article la double prise détaille ce point.

Une utilisation au long cours est-elle un danger ?

Les notices ne fixent pas de limite unique, mais demandent un avis si la gêne persiste. Une utilisation quotidienne sur des mois doit être suivie par un médecin, qui recherche la cause.

Vaut-il mieux l'avaler le matin ou le soir ?

Un antihistaminique récent s'utilise au moment qui vous convient, à heure régulière. En cas de somnolence, la fin de journée peut être préférable : voir notre article pourquoi un antihistaminique le soir.

Existe-t-il une alternative sans antihistaminique ?

L'éviction de l'allergène reste efficace pour améliorer le confort et la vie quotidienne ; aucune plante ni aucun remède n'a le même niveau de preuve qu'un antihistaminique efficace et bien utilisé. Certains médicaments homéopathiques, comme Lergypax, sont traditionnellement utilisés en traitement d'appoint : demandez l'avis du pharmacien.