L'insomnie se traduit par des difficultés d'endormissement, des réveils nocturnes ou un réveil trop précoce, avec un repos insuffisant et de la fatigue dans la journée. Elle est dite occasionnelle lorsqu'elle dure quelques nuits, souvent après un événement stressant, un deuil, un décalage horaire ou un changement de rythme. C'est à cette situation que s'adressent les médicaments sans ordonnance. Une insomnie qui s'installe dans la durée, plusieurs fois par semaine pendant des mois, est dite chronique : elle mérite une consultation pour poser un diagnostic et en rechercher la cause (anxiété, dépression, douleurs, apnées du sommeil, maladie chronique, effet d'un autre traitement…). Le lien entre stress et insomnie est fréquent. Le médecin adapte la prise en charge et, si besoin, oriente vers une consultation de médecine du sommeil. Pour aller plus loin : notre dossier sur le traitement de l'insomnie.
Chez l'adulte, la posologie indiquée sur les fiches de nos produits est de ½ à 1 comprimé de 15 mg (7,5 à 15 mg) en une seule prise le soir, 15 à 30 minutes avant le coucher, avec un verre d'eau. Jusqu'à 30 mg par jour sont possibles, uniquement sur avis médical. Chez la personne âgée ou en cas d'insuffisance rénale ou hépatique, on retient la dose la plus faible. Le traitement dure 2 à 5 jours : au-delà, une réévaluation médicale est nécessaire. Ce somnifère a aussi des effets atropiniques, d'où des contre-indications à vérifier sur la notice. Ne reprenez pas de nouvelle dose au milieu de la nuit : l'effet peut se prolonger le lendemain.
Tout somnifère a des effets secondaires possibles. Avec un antihistaminique, le plus fréquent est une somnolence au réveil, avec une baisse de la vigilance : évitez de conduire ou d'utiliser une machine tant que vous ne vous sentez pas bien réveillé. Les effets atropiniques peuvent donner une bouche sèche, une constipation ou une gêne pour uriner. L'alcool renforce cet effet : ne l'associez jamais à un médicament qui fait dormir. Chez la personne âgée, la somnolence et la baisse de vigilance augmentent le risque de chute, surtout en cas de lever nocturne. Pour votre sécurité, lisez la notice avant toute utilisation et signalez les autres traitements que vous prenez : chaque commande de médicaments est contrôlée avant son envoi.
Les hypnotiques sur ordonnance, comme les benzodiazépines ou les molécules apparentées (zolpidem, zopiclone), sont des médicaments psychotropes. En France, ils ne sont délivrés que sur prescription, pour une durée courte, car leur usage prolongé expose à une dépendance physique et psychique et à une perte d'efficacité avec le temps. L'ANSM rappelle régulièrement ces risques, en particulier chez la personne âgée. Les benzodiazépines ne doivent pas être arrêtées brutalement : le médecin organise une diminution progressive des doses pour limiter le syndrome de sevrage et le retour de l'insomnie. Ne donnez jamais votre traitement à une autre personne, et ne l'associez pas de vous-même à un médicament en vente libre.
Ces solutions ne relèvent pas de la même catégorie. Spasmine est un médicament traditionnel à base de plantes : il associe un extrait sec de racine de valériane et de la poudre d'aubépine, pour l'adulte et l'adolescent de plus de 12 ans. Arkorelax Sommeil Fort 8H est un complément alimentaire associant mélatonine et plantes, commercialisé par le laboratoire Arkopharma. Sédatif PC est un médicament homéopathique des laboratoires Boiron : 2 comprimés à sucer 3 fois par jour, pendant 2 semaines au maximum ; il faut consulter si les symptômes persistent ou s'aggravent après 7 jours. Chez l'enfant de moins de 6 ans, on le fait dissoudre dans l'eau. Leur mode d'action diffère : votre pharmacien vous aide à choisir selon votre situation.
Notre alternance veille-sommeil suit un rythme circadien d'environ 24 heures, réglé par une horloge biologique interne que la lumière du jour remet à l'heure chaque matin. Le soir, l'obscurité déclenche la production de mélatonine, souvent appelée hormone du sommeil, qui prépare l'organisme à s'endormir. Une nuit de sommeil se compose de plusieurs cycles, d'environ 90 minutes en moyenne, qui enchaînent phase légère, phase profonde et sommeil paradoxal, la phase des rêves. La durée de repos nécessaire varie d'une personne à l'autre. Un décalage horaire, le travail de nuit ou des horaires irréguliers dérèglent ce rythme et peuvent suffire à provoquer une insomnie passagère.
Avant tout médicament, le mode de vie joue beaucoup sur la qualité du sommeil. Couchez-vous et levez-vous à heures régulières, y compris le week-end. Évitez le café, le thé, les sodas caféinés et l'alcool en fin de journée, ainsi que les repas trop copieux le soir. Limitez les écrans dans l'heure qui précède le coucher et faites de votre chambre un espace calme, sombre et plutôt frais. Une activité physique régulière aide, mais pas juste avant de dormir. La gestion du stress passe par des techniques de relaxation ou de respiration lente, qui peuvent aider à s'endormir. Pour éviter de ruminer, si vous ne vous endormez pas, mieux vaut vous lever et faire une activité calme que rester à vous retourner dans le lit. Évitez aussi les siestes longues ou tardives.