Il n'existe pas d'anti-inflammatoire pour les hémorroïdes en vente libre au sens strict : les crèmes à base de corticoïde et les anti-inflammatoires par voie orale relèvent d'un avis médical. Sans ordonnance, la crise hémorroïdaire se soulage avec un traitement local (crème ou pommade anesthésique ou protectrice) et, si besoin, un veinotonique en comprimés. Ces médicaments sont réunis dans notre rayon hémorroïdes. Un saignement, une douleur intense ou une crise qui dure imposent de consulter.

Quel produit selon le symptôme ?

Démangeaisons et douleurs

Titanoréine crème (carraghénates, dioxyde de titane, oxyde de zinc) traite localement le prurit et les douleurs de la crise, matin, soir et après chaque selle, une semaine au plus.

Douleur vive

Cemaukor contient un anesthésique local, la pramocaïne, préconisé dans les pathologies anales douloureuses ou qui démangent, en particulier la crise hémorroïdaire.

Plusieurs actifs associés

Sédorrhoïde associe la benzocaïne, un anesthésique, à l'énoxolone, à l'esculoside et au bromure de dodéclonium, 2 à 3 applications quotidiennes, dès 15 ans.

Veinotonique par voie orale

Daflon 1000 mg, veinotonique et vasculoprotecteur, est préconisé dans les signes fonctionnels de la crise hémorroïdaire, sur une semaine.

Anti-inflammatoire pour hémorroïdes : ce qui existe sans ordonnance

Les traitements locaux disponibles sans ordonnance agissent sur les symptômes, sans agir sur l'inflammation profonde : ils aident à apaiser la douleur, les démangeaisons et protègent la muqueuse anale. Aucun ne contient de corticoïde. Voici ce que disent leurs notices :

MédicamentSubstances activesRôlePosologieDurée maximale
Titanoréine crèmeCarraghénates, dioxyde de titane, oxyde de zincTraitement local du prurit et des douleursMatin, soir et après chaque selle, 4 applications quotidiennes au plus7 jours
SédorrhoïdeBenzocaïne, énoxolone, esculoside, bromure de dodécloniumCrise hémorroïdaire2 à 3 applications quotidiennes7 jours
Cemaukor ou pramocaïne BiogaranPramocaïne 1 %Anesthésique localMatin et soir sur la région douloureuseCourte durée
Avenoc (homéopathie)Souches homéopathiquesTraditionnellement utilisé dans les hémorroïdes3 à 4 applications quotidiennes, en couche mince, après toilette locale1 semaine

Ces produits, qui contiennent des actifs différents, soulagent sans faire disparaître la veine dilatée. Pour une application interne, préférez une crème ou une pommade avec canule. Si les symptômes ne cèdent pas en une semaine, un avis médical est indispensable. Le traitement symptomatique ne remplace pas un traitement de fond de la maladie hémorroïdaire. D'autres médicaments homéopathiques traditionnellement utilisés dans ce cas figurent dans le rayon homéopathie hémorroïdes : demandez conseil. La pramocaïne et la benzocaïne sont des anesthésiques locaux : la benzocaïne peut provoquer une méthémoglobinémie, et Cemaukor contient un principe actif pouvant rendre positif un contrôle antidopage.

Crise hémorroïdaire : comment appliquer le traitement local ?

La notice de Titanoréine décrit bien le geste. Les hémorroïdes sont des amas de veines situés soit au pourtour de l'anus (hémorroïdes externes), soit à l'intérieur du canal anal (hémorroïdes internes).

  • Hémorroïdes externes : prenez une noisette de crème au bout du doigt et appliquez-la délicatement autour de l'anus.
  • Hémorroïdes internes : appliquez la crème à l'intérieur de l'anus, avec le doigt enduit de crème, mains bien lavées, ou avec la canule fournie.
  • Appliquez après une toilette locale douce, et après chaque selle.

Avec Avenoc, en cas de douleurs internes, l'application intra-rectale est possible grâce à la canule amovible. Un traitement local se garde sur une courte durée : au-delà d'une semaine sans soulagement, un examen proctologique doit être pratiqué. Pour la douleur, un antalgique comme le paracétamol peut compléter les soins ; demandez conseil au pharmacien avant tout autre médicament par voie orale. Si la gêne concerne surtout la zone anale externe, lisez aussi notre article comment dégonfler les hémorroïdes externes.

Les veinotoniques par voie orale

Les veinotoniques augmentent le tonus des veines et la résistance des petits vaisseaux sanguins : ils aident le retour veineux et la circulation sanguine locale. Ce sont des traitements médicamenteux par voie orale, réservés à l'adulte, que l'on trouve dans le rayon problèmes de circulation. Ils sont préconisés dans les signes fonctionnels de la crise hémorroïdaire, avec une posologie d'attaque de courte durée :

  • Daflon 1000 mg : 3 comprimés quotidiens pendant 4 jours, puis 2 les 3 jours suivants, au moment des repas ;
  • Daflon 500 mg : 6 comprimés quotidiens pendant 4 jours, puis 4 les 3 jours suivants ;
  • les génériques de fraction flavonoïque, comme les flavonoïdes 1000 mg Viatris, ou la diosmine.

Si les troubles ne cèdent pas en deux semaines, une consultation est nécessaire. Selon la notice de Daflon 500, ce traitement a toute son efficacité lorsqu'il est associé à une bonne hygiène de vie. Ces médicaments servent aussi, à une autre posologie, dans l'insuffisance veineuse des jambes, d'où leur présence dans le rayon jambes lourdes et dans la sélection ci-dessous. Cyclo 3 Fort, en gélules, est lui aussi présenté pour les jambes lourdes et la crise hémorroïdaire. Par mesure de précaution, il est préférable d'éviter Daflon pendant la grossesse.

Quand consulter ?

Un avis médical s'impose dans plusieurs situations. Consultez un docteur, qui pourra pratiquer un examen clinique :

  • en cas de saignement rectal ou de sang dans les selles, avant même d'utiliser une crème ;
  • si les symptômes ne cèdent pas en une semaine de traitement local, ou en deux semaines de veinotonique ;
  • si la douleur est intense, avec une boule dure et douloureuse au bord de l'anus, qui peut évoquer une thrombose hémorroïdaire (urgence à faire examiner) ;
  • si les crises se répètent souvent, pour discuter d'une prise en charge adaptée ;
  • si votre transit intestinal change durablement, ou en cas de fièvre.

Tout savoir sur le traitement des hémorroïdes

Les anti-inflammatoires oraux et les crèmes contenant un corticoïde ne s'utilisent pas en automédication pour une crise hémorroïdaire : ils relèvent d'une prescription, après un examen. Le médecin évalue la situation, surtout en cas de thrombose ou de douleur importante.

En vente libre, l'effet recherché s'obtient autrement : un anesthésique local (pramocaïne, benzocaïne) pour soulager la douleur, une crème protectrice comme Titanoréine pour les démangeaisons, et un veinotonique pour les signes fonctionnels. Chaque commande de médicaments est vérifiée par un pharmacien.

Côté prévention, retenez que les crises sont favorisées par la constipation, les efforts de poussée et la position assise prolongée. Quelques mesures d'hygiène de vie aident à les prévenir :

  • une alimentation riche en fibres (fruits, légumes, céréales complètes) et une bonne hydratation, pour un transit intestinal régulier et le bon fonctionnement de l'appareil digestif ;
  • une activité physique régulière ;
  • ne pas se retenir d'aller à la selle, ni rester longtemps assis aux toilettes ;
  • une toilette douce, à l'eau, en séchant sans frotter.

Des compléments alimentaires et des soins lavants, qui ne sont pas des médicaments, sont réunis dans le rayon compléments hémorroïdes ; pour vous repérer, lisez comment choisir un complément alimentaire contre les hémorroïdes.

Pour savoir si une crise peut passer seule, voir notre article l'hémorroïde peut-elle partir toute seule ?

Quand les crises se répètent malgré le traitement médical, le proctologue peut proposer un traitement instrumental, réalisé en consultation (ligature élastique, par exemple), ou une intervention chirurgicale dans les formes les plus gênantes.

Le choix de la technique dépend du type d'hémorroïdes, internes ou externes, de leur importance et de l'examen clinique. La chirurgie reste réservée aux cas où les autres solutions ne suffisent pas ; un traitement chirurgical demande une consultation préopératoire, et les suites opératoires sont expliquées par le chirurgien. Après une chirurgie, la reprise d'un transit souple aide la cicatrisation. Ces décisions se prennent toujours avec un spécialiste, jamais sur la base d'un seul conseil en ligne.

La grossesse favorise les crises. Pourtant, la plupart des traitements demandent un avis préalable : Titanoréine est à éviter pendant la grossesse et l'allaitement ; Sédorrhoïde aussi, faute de données ; l'usage de Cemaukor est déconseillé par prudence ; Daflon est à éviter pendant la grossesse et l'allaitement est déconseillé pendant la durée du traitement.

Avenoc, remède homéopathique, est plutôt à éviter pendant la grossesse mais peut être utilisé chez la femme allaitante. Dans tous les cas, parlez-en au professionnel qui suit votre grossesse, qui choisira le traitement adapté.

Questions fréquentes

Quel anti-inflammatoire prendre pour les hémorroïdes ?

Aucun ne convient à toutes les situations, et les anti-inflammatoires oraux ou à base de corticoïde sont sur avis médical. Sans ordonnance, on associe un traitement local et, si besoin, un veinotonique.

Peut-on prendre du Doliprane pour une crise d'hémorroïdes ?

Le paracétamol peut soulager la douleur, en respectant la dose de la notice. Il ne traite pas la crise : associez un traitement local et consultez si la douleur est intense.

Quelle est la posologie de Daflon 500 pour une crise hémorroïdaire ?

Selon la notice : 6 comprimés quotidiens pendant 4 jours, puis 4 comprimés quotidiens les 3 jours suivants, au moment des repas. Sans amélioration en deux semaines, consultez.

Crème ou suppositoire contre les hémorroïdes ?

Les crèmes rectales avec canule permettent de traiter aussi bien les hémorroïdes externes qu'internes. Le choix dépend de la localisation : demandez conseil au pharmacien.

Combien de temps garder un traitement local ?

Peu de temps : une semaine au maximum pour les crèmes et pommades présentées ici. Au-delà, un examen est nécessaire.