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Qu'est-ce qu'un anti inflammatoire stéroidien ?


 

Il existe deux types d’anti-inflammatoires : les AINS ou anti-inflammatoires non stéroïdiens et les corticoïdes ou anti-inflammatoires stéroïdiens. Chacune de ces catégories apaise une inflammation. Cependant, les corticoïdes ont un plus large spectre d’action. De manière générale, ils traitent les allergies, les maladies auto-immunes et les douleurs inflammatoires. Ils peuvent aussi servir comme adjuvant des anticancéreux. Ils sont efficaces sur de nombreuses affections et sont puissants.

 

Pour bien les utiliser, focus sur leurs caractéristiques.

 


 

anti-inflammatoire

Anti-inflammatoire stéroïdien : présentation

Un anti-inflammatoire stéroïdien est connu sous d’autres appellations : corticoïdes, corticostéroïdes, glucocorticoïdes et cortisone.

 

La cortisone est une hormone stéroïdienne naturelle. Elle est sécrétée par les glandes surrénales de l’organisme. Elle contribue à la régulation des fonctions essentielles du corps. Elle participe à la transformation et à l’exploitation du sucre. Elle booste les défenses immunitaires et permet de combattre les allergies, le stress physique et les troubles du système immunitaire.

 

Mais encore, la cortisone possède des propriétés glucocorticoïdes lui permettant de soulager une inflammation. Elle dispose aussi de vertus minéralocorticoïdes c’est-à-dire antidiurétique, kaliurétique et anti-natriurétique.

 

Un anti-inflammatoire stéroïdien est un glucocorticoïde de synthèse. C’est un produit pharmaceutique dérivant de la cortisone naturelle. Il a pour action de booster les propriétés glucocorticoïdes de cette même cortisone. Parallèlement, il minimise son action minéralocorticoïde. Ce médicament joue ainsi le rôle d’un immunomodulateur et anti-inflammatoire.

 

Un corticoïde peut aussi être un anti-inflammatoire naturel. Il vient de l’extrait du bourgeon de cassis et du pin sylvestre.

 

Le mécanisme d’action de l’anti-inflammatoire stéroïdien

Le fonctionnement des anti-inflammatoires stéroïdiens est complexe. Dans un premier temps, ils sont absorbés par l’organisme. Par voie orale, leur assimilation est effective à 80% et est rapide. Puis, ils se fixent au niveau des cellules du corps via les récepteurs de la membrane de chacune de ces cellules. Ils peuvent donc réguler l’action de ces cellules. Ils peuvent par exemple accroitre la production de protéines inflammatoires et baisser la production des molécules inflammatoires.

 

Quelle posologie pour l’anti-inflammatoire stéroïdien ?

Une corticothérapie (traitement par anti-inflammatoire stéroïdien) s’effectue de manière décroissante. En début de la cure le médicament est administré à forte dose. Ces doses doivent ensuite être réduites progressivement avant l’arrêt définitif des prises. Cela est surtout valable pour les traitements longs de plus de 4 semaines.

 

médicament anti-inflammatoire

 

La diminution du dosage se fait par paliers de 10% tous les 15 jours. Tout cela est essentiel pour rétablir la production normale de cortisone par les grandes surrénales. Un traitement sous anti-inflammatoire stéroïdien se fait de courtes durées ou en cure prolongée (environ 3 mois).

 

En général, ce médicament s’administre le matin à dose normale ou élevée. Cependant, il peut être pris le soir à faible dosage et suivant la maladie à soigner.

 

Dans quels cas utiliser un anti-inflammatoire stéroïdien ?

En traitement court, ce médicament s’utilise dans les cas suivants : maladies broncho-pulmonaires et affections ORL (asthme, rhinopharyngite, laryngite, sinusite, infections broncho-pulmonaires et bronchopathie chronique congestionnant). Il permet aussi de soigner les pathologies suivantes : affections rhumatismales (polyarthrite rhumatoïde, cruralgie, etc.), maladies neurologiques (sclérose en plaques et paralysie faciale), pathologies digestives (rectocolite hémorragique et maladie de Crohn) et maladies du rein.

 

En cure prolongée, les corticoïdes sont indiqués en cas d’affections broncho-pulmonaires (asthme, BPCO ou broncho-pneumopathie chronique obstructive) et des maladies rhumatologiques (PPR ou pseudopolyarthrite rhumatoïde, maladie de Horton, polyarthrite rhumatoïde, lupus, vascularisés). Ce médicament s’utilise aussi en cas de cancers, d’affections cutanées, de MICI (maladies inflammatoires du colon et de l’intestin) et de greffe. Il est indiqué en supplémentation d’insuffisance surrénale (maladie Addison).

 

Modes d’administration et différents types d’anti-inflammatoire stéroïdien 

Ce type d’anti-inflammatoire se prend par toutes les voies d’administration. Suivant la maladie à traiter, il s’administre par voie orale, voie parentérale (par intraveineuse ou intramusculaire), inhalation (aérosol), voie cutanée et voie locale (intra-articulaire, oculaire, rectale, nasale, intra-auriculaire, rachidienne).

 

verre d'eau

 

Sur le marché, on recense différentes présentations pour le médicament anti-inflammatoire stéroïdien.

 

Par voie générale (orale et parentérale), on a les corticoïdes de type prednisone (cortancyl), prednisolone (solupred), bétaméthasone (celestene), méthylprednisolone (solumédrol), hydrocortisone, dexaméthasone (dectancyl et decadron), etc.

 

Par inhalation, on retrouve les anti-inflammatoires à base de béclometasone (Becotide), budesonide (pulmicort), etc.

 

Par voie locale, on cite les corticoïdes contenant du prednisolone (Deliproct voie rectale et deturgylone voie nasale), bétaméthasone (betneval ou diprosone crème), cortisone (locoid crème), triamcinolone (nasacort pulvérisation nasale), etc.

 

Anti-inflammatoire stéroïdien : les contre-indications et les mises en garde

Généralement, l’administration des anti-inflammatoires stéroïdiens est à éviter dans les cas suivants :

  • Affection infectieuse ou virale en évolution (varicelle, herpès).
  • Maladie psychiatrique sévère non traitée.
  • Hypersensibilité à ses constituants (le lactose pour le cortancyl, l’aspartam pour le solupred sous format oro-dispersible).
  • Vaccination récente de rougeole, rubéole, oreillon, varicelle, fièvre jaune et tuberculose.

vaccin

 

Les anti-inflammatoires locaux sont contre-indiqués dans les circonstances suivantes :

  • Voie oculaire : glaucome ou infection kératite herpétique
  • Voie cutanée : infection locale
  • Voie intra-articulaire : fracture, fissure articulaire, prise d’anticoagulant à dose efficace, peau en mauvais état au niveau de l’articulation.

Ce médicament peut être prescrit en cas d’ulcère de l’estomac et du duodénum. Toutefois, il doit être associé à un traitement antiulcéreux. La prise d’une corticothérapie est autorisée chez un patient souffrant de diabète et d’hypertension artérielle. Cependant, son utilisation peut perturber l’équilibre de ces maladies. Pour cause, la cortisone augmente le taux de glycémie dans le sang (sucre). Elle décompense aussi une pression artérielle élevée ou une insuffisance cardiaque.

 

Un anti-inflammatoire stéroïdien est considéré comme une substance dopante. Son usage est donc à proscrire lors des compétitions. Ce médicament peut également réduire l’efficacité du stérilet.

 

Restez prudent quand ce produit pharmaceutique est administré en parallèle avec des diurétiques, de la digitaline, certains laxatifs, de la rifampicine, du phénobarbital, du phénytoïne, du primidone, de la carbamazépine, des pansements gastriques et du lithium. Il faut aussi faire attention quand ce médicament est associé à de l’érythromycine, de l’amiodarone, de la quinidine et du sotalol.

 

Chez la femme enceinte, ce dispositif médical peut être utilisé, mais sur prescription d’un médecin. Il peut également être indiqué comme anti-inflammatoire chien, anti-inflammatoire chat ou autres NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie).

 

Il n’existe pas d’anti-inflammatoire sans ordonnance de type corticoïde, car ce médicament est trop puissant. Il génère de graves répercussions sur la santé s’il est mal utilisé ou mal dosé.

 

Quels effets indésirables aux corticoïdes ?

La prise d’anti-inflammatoire stéroïdien de longue durée et à forte dose provoque de multiples effets indésirables. En effet, il s’agit d’un anti-inflammatoire puissant. Voici les principaux effets indésirables des corticoïdes selon la durée du traitement :

 

perte de mémoire

  • Traitement court : augmentation anormale de l’appétit, gain de poids modéré, rétention d’eau et de sel, insomnie, nervosité, tendance comportementale agressive, anxiété, troubles de mémoire, aggravation de dépression, déséquilibre passager de diabète et d’hypertension artérielle, douleurs et crampes de l’estomac, régurgitations acides, tremblements des mains en début de traitement.
  • Traitement long : fragilité de la peau (vergetures, ecchymoses, sècheresse cutanée, cicatrisation lente et dépigmentation), risques d’infection cutanée, augmentation de la pilosité, déformation physique causée par une lipodystrophie (arrondissement du visage, augmentation du tour de taille et bosse sur la nuque), risque de diabète, risque accru d’AVC ou accident cardio-vasculaire, ostéoporose (os fragiles), ostéonécrose aseptique (infarctus de l’os avec destruction localisée), fragilisation des muscles et des tendons, risque accru d’infections (virales, parasitaires, bactériennes et mycosiques), risque de glaucome et de cataracte, modification de la voix.

Quelle alimentation sous traitement corticoïde ?

Une alimentation anti-inflammatoire varie suivant le profil du patient et des détails du traitement. On préconise un régime sans sel en cas de dosage élevé. Une alimentation pauvre en sucre est nécessaire pour réduire la prise de poids. Cela minimise aussi les déséquilibres du diabète. Un mode alimentaire riche en protéines peut s’avérer utile pour limiter la fonte des muscles instiguée par la cortisone.

 

En savoir plus sur les médicaments anti-inflammatoires :

Qu'est-ce qu'un anti inflammatoire non stéroidien ? 

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A propos de l'auteur

 

Laurence Silvestre, Docteur en Pharmacie

 

Titulaire d’un diplôme d’État de docteur en pharmacie, j’exerce la profession de pharmacien en officine depuis plus de 30 ans. J’utilise mon expertise acquise durant ma formation universitaire et la pratique continue de mon métier pour rédiger des articles de qualité à l’attention du grand public. Ces textes contiennent des conseils scientifiques et pharmaceutiques sur différents domaines liés à la santé, au bien-être et à la beauté. Mon expérience professionnelle me permet de vulgariser ces informations pour une meilleure compréhension de la part des patients. En savoir plus sur Laurence Silvestre.