Quand on arrête de fumer, le manque de nicotine provoque des symptômes de sevrage : envie irrésistible de fumer, irritabilité, nervosité, difficultés de concentration. Les substituts nicotiniques apportent de la nicotine sans le goudron ni le monoxyde de carbone de la fumée de cigarette, pour soulager ce manque le temps que l'organisme s'en déshabitue. Les formes orales, comprimés sublinguaux, pastilles et sprays buccaux, font passer la nicotine dans le sang par la muqueuse buccale. Cette absorption est plus rapide qu'avec un patch, dont la libération est continue : elles servent à répondre à une envie ponctuelle. Ce sont des médicaments indiqués dans la dépendance tabagique, à utiliser en respectant leur mode d'emploi.
Le choix dépend de vos habitudes et de la rapidité souhaitée. Le comprimé sublingual Nicorette Microtab se glisse sous la langue et fond lentement : il est très discret. La pastille se suce jusqu'à ce que le goût devienne fort, puis se place entre la gencive et la joue, avant de reprendre la succion quand le goût s'estompe. Le spray buccal délivre 1 mg de nicotine par pulvérisation ; il convient quand l'envie arrive brutalement. Plusieurs arômes existent, mentholés ou fruités. Un professionnel de santé peut vous aider à trouver la forme la plus adaptée à votre dépendance.
La posologie recommandée figure dans la notice de chaque médicament ; suivez-la, ou l'avis de votre médecin. Pour les pastilles Nicorette 2 mg, en cas d'arrêt immédiat du tabac, la notice indique de commencer par 8 à 12 comprimés par jour, un à chaque envie de fumer, pendant 6 semaines, puis de réduire progressivement le nombre de pastilles par jour, jusqu'à 1 ou 2, avant d'arrêter. Pour le Nicorette Microtab, la fiche prévoit au début 1 comprimé de 2 mg toutes les 1 à 2 heures, habituellement 8 à 12 par jour. Pour le Nicorettespray, on effectue 1 à 2 pulvérisations au moment où l'on fumait habituellement ou en cas d'envie, sans dépasser le maximum journalier indiqué dans la notice.
Le dosage d'un substitut dépend du degré de dépendance. Le nombre de cigarettes fumées par jour est un premier repère : les pastilles Nicorette 2 mg sont indiquées chez les fumeurs faiblement dépendants, c'est-à-dire qui fument moins de 20 cigarettes par jour. Le délai entre le réveil et la première cigarette est un autre indice : plus il est court, plus l'addiction est forte. Le test de Fagerström, questionnaire de quelques questions, reprend ces critères : chaque réponse rapporte des points, et le score total situe la dépendance, de faible à forte. Il se fait en quelques minutes, seul ou avec un professionnel de santé. Un sous-dosage est fréquent et favorise la rechute : si les envies restent fortes, il faut parfois augmenter la dose, ce qui se discute avec un tabacologue ou votre médecin.
Comme tout médicament, un substitut nicotinique peut entraîner des effets indésirables, le plus souvent au début : irritation de la bouche ou de la gorge, hoquet, troubles de la digestion. Ils sont décrits dans la notice, avec la conduite à tenir. Des signes comme des palpitations, des sueurs ou un malaise peuvent traduire un taux de nicotine trop élevé : il faut alors réduire les prises et demander conseil. La nicotine agit sur le système nerveux et sur le cœur : en cas de problème cardiaque, de diabète ou d'autre maladie chronique, parlez-en avant de commencer. Évitez de manger ou de boire au moment de la prise, qui gêne l'absorption. Rangez ces médicaments contenant de la nicotine hors de portée des enfants : une petite quantité peut être dangereuse pour eux.
Les substituts nicotiniques aident à gérer le manque physique, mais l'arrêt du tabac repose aussi sur les habitudes. Repérez les situations qui déclenchent l'envie de fumer, comme le café, la pause au travail ou la fin du repas, et prévoyez une alternative. Associer un patch, qui diffuse de la nicotine en continu, à une forme orale pour les envies ponctuelles, voire à une gomme de type chewing gum, est une stratégie souvent proposée pour un sevrage tabagique complet. Un accompagnement, par exemple par un tabacologue ou par le service Tabac Info Service, augmente les chances de réussite. Une rechute n'est pas un échec : beaucoup de fumeurs réussissent après plusieurs tentatives.
Arrêter de fumer est bénéfique à tout âge, quelle que soit la durée du tabagisme. Les premiers bienfaits se font sentir en quelques jours à quelques semaines : le goût et l'odorat reviennent, l'essoufflement à l'effort diminue, la peau et l'haleine s'améliorent. À plus long terme, le risque de maladies cardiovasculaires, respiratoires et de plusieurs cancers baisse progressivement. L'état de santé générale et la qualité de vie en profitent, tout comme le budget : faites le compte de ce que vous dépensiez chaque mois. Réduire sa consommation de tabac avant l'arrêt complet peut être une étape, mais l'objectif reste l'arrêt. Un traitement de substitution bien conduit, sur plusieurs mois, aide à franchir ce cap.