Le pityriasis versicolor est une mycose superficielle et bénigne, causée par une levure du genre Malassezia qui vit normalement à la surface de la peau. Il forme des taches colorées, claires ou brunes, surtout sur le haut du dos, le torse, le cou et les épaules. Il n'est pas contagieux. Le traitement repose sur un antifongique local, conseillé par le médecin ou le pharmacien. Les remèdes naturels, comme les huiles essentielles de notre rayon mycose, n'ont pas fait la preuve qu'ils le remplacent. Les récidives sont fréquentes, surtout l'été.

L'essentiel en quatre points

Une levure de la flore cutanée

Malassezia fait partie de la flore cutanée de chacun. La chaleur, l'humidité, une transpiration excessive et un excès de sébum favorisent sa prolifération.

Des taches en patchwork

Rosées, beiges, brunes ou blanches selon le teint, elles sont bien délimitées et forment de fines plaques squameuses quand on les gratte. Elles démangent rarement.

Un traitement topique

Un antimycosique en gel moussant, en shampoing ou en crème, appliqué sur les lésions, traite l'infection. Demandez l'avis de votre pharmacien ou de votre médecin.

Une repigmentation lente

Après le traitement, la peau met plusieurs mois à retrouver sa teinte. Une tache blanche persistante ne veut pas dire que la mycose est toujours active.

Comment reconnaître cette mycose ?

Aussi connu sous le nom de tinea versicolor, le pityriasis versicolor est une affection cutanée fréquente chez les adolescents et les jeunes adultes, plus volontiers en saison chaude ou dans les pays tropicaux. Les lésions commencent autour d'un poil, petites et rondes, puis s'étendent et se rejoignent en larges plaques aux contours arrondis. Leur teinte varie : plus foncées qu'une peau normale et claire, plus pâles que la peau environnante sur un teint mat ou bronzé. On les remarque souvent au retour des vacances, car les zones atteintes ne bronzent pas. D'autres maladies de la peau peuvent lui ressembler, d'où l'intérêt d'un examen clinique la première fois.

AffectionAspectCe qui la distingue
Pityriasis versicolorTaches beiges, brunes ou blanches, finement squameusesDos, torse, cou ; fine desquamation au grattage ; peu ou pas de démangeaisons
VitiligoTaches blanches très nettes, sans squamesPerte complète de pigment, souvent visage et mains ; ce n'est pas une mycose
Pityriasis rosé de GibertPlaques rosées, ovales, bordées de squamesDébute souvent par une grande « plaque mère », disparaît seul en quelques semaines
EczémaPlaques rouges, sèches, parfois suintantesDémangeaisons marquées, plis, terrain atopique
PsoriasisPlaques rouges épaisses, squames blanchesCoudes, genoux, cuir chevelu ; évolution chronique

Ces affections ne se prennent pas en charge de la même façon. Pour l'eczéma, des soins sont présentés dans nos rayons crème eczéma et crème anti-démangeaisons ; pour le psoriasis, dans le rayon crème psoriasis. D'autres mycoses, comme la mycose des pieds ou la mycose des ongles, touchent d'autres zones et se soignent autrement.

En cas de doute, le médecin généraliste ou le dermatologue peut gratter une lésion pour en prélever les squames, ou l'examiner sous une lampe spéciale.

Quel traitement antifongique ?

Le traitement de référence est un traitement antifongique local, c'est-à-dire un produit contre les champignons appliqué directement sur la zone atteinte. Plusieurs formes existent : gel moussant ou shampoing à étaler sur tout le tronc, crème pour une petite surface. Parmi les molécules couramment utilisées figurent le kétoconazole, le sulfure de sélénium, le ciclopirox ou des imidazolés. Le médecin ou le pharmacien choisit le produit et précise le mode d'emploi, la durée et le rythme d'application ; respectez-les jusqu'au bout. Un antifongique par voie orale, comme le fluconazole ou l'itraconazole, n'est prescrit que dans les formes très étendues ou qui reviennent souvent, en tenant compte de ses effets indésirables.

Beaucoup de personnes cherchent un traitement naturel. L'huile essentielle de tea tree, ou huile d'arbre à thé, est souvent citée. Son efficacité sur cette mycose n'est pas établie et elle ne remplace pas un antimycosique. Pure, une huile essentielle peut irriter ou provoquer une allergie : elle se dilue, se teste d'abord sur une petite surface, et s'évite pendant la grossesse, l'allaitement et chez le jeune enfant sans avis. Le vinaigre de cidre de pomme, le bicarbonate ou le citron, parfois conseillés comme remèdes de grand-mère, risquent surtout d'abîmer l'épiderme.

Hygiène et gel douche : ce qui aide vraiment

Aucun gel douche cosmétique ne soigne le pityriasis versicolor. Pendant et après le traitement, l'objectif est de respecter l'épiderme et de limiter ce qui favorise la levure : chaleur, humidité et sébum.

  • préférez un produit lavant doux, sans parfum, adapté aux peaux sensibles, comme ceux du rayon gel douche peau atopique ;
  • rincez bien et séchez soigneusement, en particulier le dos et les plis ;
  • douchez-vous après le sport ou un effort qui fait transpirer ;
  • portez des vêtements amples, en coton, et changez-les s'ils sont humides ;
  • évitez les huiles corporelles et les soins très gras sur les zones touchées.

Un nettoyant haute tolérance non parfumé convient pour la toilette quotidienne, mais il accompagne l'antifongique sans le remplacer. Parmi les produits de toilette figure aussi la lotion nettoyante Cetaphil. Si votre épiderme tiraille après le traitement, un soin hydratant léger peut soulager cette sensation, en dehors des zones encore atteintes.

Quand consulter ?

Faites confirmer le diagnostic par un médecin, surtout lors du premier épisode, et consultez un dermatologue pour un diagnostic dans ces situations :

  • des taches qui s'étendent, démangent fortement ou saignent ;
  • une tache qui change de forme ou de teinte, à distinguer d'un mélanome ;
  • aucune amélioration après le traitement conseillé, ou des récidives plusieurs fois par an ;
  • une grossesse, un allaitement ou un enfant concerné ;
  • une immunité affaiblie (traitement, maladie) ou un diabète.

Tout savoir sur cette dermatose

Malassezia, anciennement appelée Malassezia furfur, vit naturellement dans les zones riches en glandes sébacées : dos, poitrine, cou, épaules. La maladie apparaît quand cette levure se multiplie et change de forme. Plusieurs conditions y contribuent : un climat chaud et humide, une transpiration abondante, une peau grasse, l'application d'huiles ou de crèmes grasses, et parfois une baisse des défenses immunitaires ou une grossesse. Une prédisposition familiale existe aussi, ce qui explique que certaines personnes en font chaque année. Cette infection fongique de la peau n'est pas liée à un manque d'hygiène et ne se transmet pas : inutile d'isoler le linge ou de traiter l'entourage.

La levure produit des substances, dont l'acide azélaïque, qui freinent la fabrication de la mélanine, le pigment de l'épiderme. Les zones atteintes bronzent donc moins que la peau voisine et paraissent plus claires : c'est la forme blanche, révélée par le soleil. Sur un teint clair non bronzé, la tache est au contraire souvent brune, beige ou chamois : c'est ce qui a donné le nom « versicolor », de couleur variable. Après un traitement bien mené, la levure est contrôlée, mais la repigmentation prend plusieurs semaines à plusieurs mois. Une exposition solaire progressive, avec protection, aide à égaliser le teint. Une lésion qui ne s'efface pas après un an mérite un nouvel avis.

Cette mycose revient souvent, parce que la levure fait partie de la flore normale. Il n'est donc pas possible de l'éliminer définitivement. Chez les personnes qui en font chaque été, le médecin peut proposer un traitement préventif, par exemple une application d'antifongique avant la saison chaude ou à intervalles réguliers. Au quotidien, limitez la macération : douche après l'effort, séchage soigneux, vêtements respirants, pas d'huile corporelle sur le dos ni la poitrine. Pour savoir reconnaître la fin d'une infection fongique, lisez notre article comment savoir si on est guéri d'une mycose.

La saison chaude est la plus propice : la chaleur et la sueur favorisent la levure, et le bronzage révèle les taches. Le soleil ne soigne pas la mycose. Pendant le traitement, protégez votre épiderme avec un solaire adapté, de préférence en texture fluide et non grasse. Après la guérison, une exposition progressive aide les zones décolorées à se repigmenter, sans jamais forcer le bronzage. La gêne esthétique est souvent le principal symptôme, car la maladie est sans gravité. Si vous partez dans un pays chaud et que vous êtes sujet aux récidives, demandez à votre pharmacien quel produit emporter pour réagir dès les premiers symptômes.

Questions fréquentes

Le pityriasis versicolor est-il contagieux ?

Non. La levure responsable est présente sur la peau de tout le monde : l'éruption apparaît selon le terrain et le climat, pas par contagion.

Existe-t-il un traitement naturel ?

Les huiles essentielles ou les remèdes de grand-mère n'ont pas fait la preuve de leur efficacité. Le traitement repose sur un antifongique local, conseillé par un professionnel.

Quel savon ou gel douche utiliser ?

Un produit lavant doux et sans parfum pour la toilette quotidienne. Seuls les gels moussants ou shampoings antifongiques traitent l'infection. Nous détaillons ce point dans savon antifongique : quel lavant choisir en cas de mycose.

Combien de temps restent les taches claires ?

Souvent plusieurs mois après le traitement, le temps que l'épiderme fabrique à nouveau de la mélanine. Leur persistance ne signifie pas un échec.

Pourquoi revient-il chaque été ?

La chaleur, l'humidité et la transpiration favorisent la levure, qui reste présente sur la peau. Un traitement préventif peut être proposé par le médecin ou le spécialiste.