L'accumulation de gaz dans le tube digestif a deux origines principales. Une partie vient de l'air avalé (aérophagie) en mangeant vite, en parlant pendant le repas, en mâchant du chewing-gum ou en buvant des boissons gazeuses. L'autre partie est produite dans le côlon par la fermentation des aliments mal digérés par les bactéries de la flore intestinale. Certains aliments favorisent la production de gaz : légumes secs, choux, oignons, certains fruits, édulcorants comme le sorbitol. Une constipation, une intolérance au lactose ou un syndrome de l'intestin irritable peuvent aussi augmenter la sensation de gonflement. Les émotions jouent souvent un rôle, en modifiant la motricité et la sensibilité du système digestif. Un repas copieux ou trop gras peut aussi provoquer des gaz et une digestion difficile.
Le charbon végétal activé, ou charbon actif, fixe une partie des gaz dans le tube digestif. Selon la notice du Charbon de Belloc 125 mg, il est réservé à l'adulte et à l'adolescent de plus de 15 ans, à raison de 2 capsules, 2 à 3 fois par jour, avalées telles quelles avec un verre d'eau, pendant 5 à 10 jours. Au-delà, ou si les symptômes s'aggravent, un avis médical est nécessaire. Le charbon peut diminuer l'absorption d'autres médicaments pris en même temps : espacez les prises et interrogez votre pharmacien si vous suivez un traitement. Il colore les selles en noir, ce qui est sans gravité. Lisez toujours la notice avant utilisation.
Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, souvent des lactobacilles et des bifidobactéries, pris sous forme de complément alimentaire. L'idée est de soutenir l'équilibre de la flore intestinale, ou microbiote intestinal, dont un déséquilibre peut s'accompagner de gaz et d'un inconfort digestif. Les formules diffèrent par leurs souches et leurs dosages : Prebio 7 annonce 20 milliards de ferments lactiques pour deux gélules, Ergyphilus Confort 5 souches associées aux vitamines B3 et B6. Les effets varient d'une personne à l'autre et demandent une prise régulière sur plusieurs semaines. Ces produits ne remplacent pas une alimentation variée ni un avis médical en cas de troubles persistants.
Quelques habitudes limitent souvent les gaz. Mangez lentement, dans le calme, en mâchant bien et bouche fermée. Évitez les boissons gazeuses, le chewing-gum et les aliments contenant beaucoup d'air, comme le pain frais ou les mousses. Réduisez temporairement les aliments qui fermentent le plus (légumes secs, choux, oignons, crudités), puis réintroduisez-les progressivement pour repérer ceux qui vous gênent. Augmentez les fibres doucement, en buvant suffisamment : fruits et légumes cuits sont souvent mieux tolérés que les crudités. Une bonne posture à table, assis et le dos droit, aide également. Une marche après le repas et une activité physique régulière stimulent le transit intestinal et l'expulsion des gaz ; un automassage doux du ventre, dans le sens des aiguilles d'une montre, est aussi pratique. Ces mesures hygiéno-diététiques sont le complément indispensable de tout traitement.
La phytothérapie propose plusieurs plantes traditionnellement utilisées pour faciliter la digestion et limiter les gaz : le fenouil, l'anis, la camomille, la mélisse, la menthe ou le gingembre. On les appelle parfois plantes carminatives. Elles se prennent le plus souvent en infusion, après le repas : une tisane digestive au fenouil est un geste simple et sans sucre. L'huile essentielle de menthe poivrée est utilisée dans certaines formules pour l'intestin irritable, mais les huiles essentielles ne conviennent pas à tout le monde : elles sont déconseillées chez l'enfant, pendant la grossesse et l'allaitement, et demandent l'avis d'un pharmacien. Ces remèdes naturels restent un appoint : si l'état général change ou si les symptômes des ballonnements s'installent, un avis médical s'impose.
Plusieurs familles de produits existent. Le charbon, vu plus haut, est un médicament à prendre sur une courte durée. D'autres médicaments contre les ballonnements, à base de siméticone, facilitent l'élimination des bulles de gaz. Les dispositifs médicaux, comme MeteoGaz plus en sticks, agissent sur les troubles liés aux gaz sans être des médicaments. Quand les douleurs dominent, le médecin ou le pharmacien peut proposer un antispasmodique. Le choix dépend de vos symptômes, de votre âge et de vos traitements en cours : mieux vaut consulter un professionnel de santé en cas de doute, de maladie chronique ou de symptômes qui durent. Dans tous les cas, lisez la notice et respectez les conditions d'utilisation.
Quand les ballonnements reviennent souvent, avec des douleurs abdominales soulagées par la selle et un transit irrégulier (constipation, diarrhée ou alternance), on parle de syndrome de l'intestin irritable, ou côlon irritable. C'est un trouble fréquent et bénin, mais gênant, dont le diagnostic est posé par un médecin après avoir écarté d'autres causes. Sa prise en charge associe des repères alimentaires, la gestion des tensions nerveuses et, si besoin, des traitements ciblés sur les symptômes, comme un antispasmodique prescrit ou conseillé en cas de douleurs. Des produits comme Colilen IBS, dont l’ingrédient dépose un film protecteur sur la muqueuse, à la façon d'un pansement, s’adressent à ce trouble. Parlez-en à votre médecin si vos symptômes durent.