L’effet de la polyarthrite rhumatoïde est irréversible et pourrait provoquer un handicap fonctionnel. Sans prise en charge ou mal traitée, cette maladie peut diminuer la qualité et l’espérance de vie de la personne affectée. C’est pourquoi il est très important de la traiter dès l’apparition des premiers signes. Pour ce faire, il convient de connaître son origine, ses causes, ses symptômes, ce qu’il faut faire pour la combattre, etc. Ces informations permettent de déterminer et d’adopter le comportement thérapeutique efficace pour l’éliminer.
Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?
Également appelée arthrite inflammatoire, la polyarthrite rhumatoïde est la forme la plus commune de l’arthrite chronique. Il s’agit de l’inflammation des articulations qui se manifeste lorsque le système immunitaire agresse son propre corps. C’est en effet une maladie auto-immune qui attaque la membrane synoviale des articulations, les tissus recouvrant l’intérieur des articulations. Ces derniers assurent en général la fabrication de liquide synovial, une sorte de lubrifiant qui fluidifie les mouvements des articulations. En cas de polyarthrite rhumatoïde, le système immunitaire produit des anticorps connus sous le nom d’auto-anticorps. Sous l’effet de ces anticorps, la membrane synoviale n’arrive plus à fonctionner normalement. Elle s’épaissit et fabrique des liquides synoviaux anormaux chargés d’enzymes inflammatoires. Pendant les mouvements de mobilité, ces liquides vont abîmer rapidement les os, les muscles, les ligaments, les capsules, les cartilages ainsi que les tendons, c’est-à-dire tous les éléments de l’articulation.
Les personnes présentant cette maladie souffrent en général des douleurs et un gonflement au niveau des articulations des mains, des pieds, des poignets, des coudes, des genoux et des chevilles. Pour certains cas, cette affection peut altérer d’autres parties du corps, notamment la peau, les yeux, les poumons, le cœur ou les vaisseaux sanguins. Avec le temps, elle s’étend sur la nuque, les mâchoires et les hanches. En outre, d’autres formes de polyarthrite rhumatoïde sont très agressives. Celles-ci pourraient abîmer d’autres organes du corps tels que le cœur, les poumons, les vaisseaux ou les reins.
En règle générale, cette maladie apparaît souvent au cours du 3e âge, soit à partir de 64 ans. Cela n’empêche pas que cette maladie pourrait toucher les enfants, les adolescents ou les adultes. Si les femmes sont les plus atteintes par rapport aux hommes, toutes les personnes sujettes au surpoids sont les cibles faciles de cette maladie. C’est pourquoi les centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) révèlent que la population américaine est la plus touchée. En France, ce type d’arthrite chronique affecte environ 300 000 personnes, soit près de 0,5 % de la population française.
Comment évolue la polyarthrite rhumatoïde ?
Comme toutes formes d’arthrite, la polyarthrite rhumatoïde se développe progressivement avec le temps et de manière imprévisible. Toutefois, ses symptômes peuvent se manifester soudainement. De ce fait, ils se manifestent par période entrecoupée ou par poussées de quelques semaines ou de plusieurs mois. Pendant ces périodes, la personne souffrante présente la déformation des doigts, connue sous le nom de « col de cygne » ou « boutonnière ». Sur les orteils, elle assiste également à l’apparition d’un phénomène appelé « marteau ». À cause de ces signes, elle commence à perdre l’habilité pendant la réalisation d’un simple mouvement. Il est ainsi de plus en plus difficile de tenir quelque chose avec les mains comme tourner une poignée de porte ou prendre un crayon. Pour les cas graves et sévères, le malade n’arrive plus à marcher et a besoin d’un fauteuil roulant pour se déplacer.

Chez certaines personnes, les symptômes de cette maladie peuvent disparaître de manière définitive ou pendant une période très prolongée. Pendant les périodes sans crises, la personne concernée ne sent rien puisque ces symptômes disparaissent. Pour ce cas, il faut tout de même rester vigilant puisqu’une nouvelle poussée pourrait apparaître à tout moment.
Sans prise en charge, la polyarthrite rhumatoïde pourrait se développer et altérer le cartilage ou le tissu élastique qui protège les extrémités de l’os. On assiste, dans ce cas, à la perte de cartilage et au rapprochement des os. Les mouvements sollicitant la mobilité des articulations deviennent de plus en plus douloureux et instables.
Bien qu’elle ait une prévalence sur les femmes, cette maladie n’apporte aucune conséquence sur la fertilité ou le projet de grossesse. Elle ne provoque pas de complication pendant l’accouchement. Au contraire, le fait de tomber enceinte pourrait améliorer la condition de vie d’une personne déjà atteinte de polyarthrite rhumatoïde. Pendant la grossesse, certains symptômes de cette affection s’atténuent ou même disparaîssent de manière définitive. Ce phénomène se manifeste en général vers la fin du 1er trimestre et il s’accentue aussi vers la fin de la grossesse. Toutefois, les signes de la pathologie pourraient revenir après la naissance.
Quelles sont les causes de la polyarthrite rhumatoïde ?
La cause de la polyarthrite rhumatoïde peut être d’ordre génétique, biologique et environnemental. Elle pourrait également provenir du mode de vie de la personne concernée.
La première barrière immunitaire de l’organisme s’installe en général au niveau de la flore intestinale. La perturbation fonctionnelle de cette barrière pourrait engendrer plusieurs types d’affections, dont la polyarthrite rhumatoïde. Cette maladie résulte dans ce cas d’une dysbiose intestinale ou le trouble du microbiote intestinal. Selon les avis des médecins, la bactérie Proteus mirabilis pourrait survivre et traverser la muqueuse intestinale lorsque la défense immunitaire dans les intestins se dégrade. Par la suite, les déchets laissés par cet agent pathogène vont favoriser la création d’un terrain auto-immune. À cause de cela, le système immunitaire ne reconnaît plus les cellules de son propre organisme puisqu’il les confond avec la bactérie. Ce phénomène se manifeste pour la plupart des cas au niveau des articulations. Le système immunitaire agresse donc les cellules des membranes articulaires.
Le trouble hormonal pendant la ménopause peut être la cause de la manifestation de la polyarthrite rhumatoïde chez les femmes d’un certain âge. Les investigations des scientifiques révèlent ainsi les rôles des hormones sexuelles de type œstrogène, progestérone ou testostérone. Ces derniers possèdent en effet une prévalence de certaines pathologiques systémiques.

Pour les facteurs environnementaux, les professionnels de la santé mettent à la première ligne le tabagisme. En effet, le tabac favorise le déclenchement de la polyarthrite rhumatoïde et pourrait augmenter le risque de complications.
Selon les études cliniques réalisées dernièrement, plus de 30 facteurs génétiques seraient impliqués dans l’apparition de cette maladie articulaire. On accuse dans ce cadre certains gènes tels que le HLA-DRB1 et le PTPN22. Ces anomalies génétiques sont génétiquement transmises d’une génération à une autre, soit par les parents à leurs enfants ou à leurs petits-enfants.
En raison de leur rôle acidifiant, certains aliments sont considérés comme des facteurs aggravants de cette maladie. Ils accentuent le niveau de douleur et stimulent dans ce cas l’inflammation des articulations déjà affectées. On retrouve dans ce cadre les produits riches en acide urique comme les alcools blancs, les fruits de mer, les charcuteries, les abats, les lentilles, les viandes rouges, les sardines, etc. Le cas d’une intolérance alimentaire pourrait également augmenter les inflammations articulaires de type systémique. Les personnes intolérantes au gluten et aux laitages devront ainsi rester vigilantes en cas de polyarthrite rhumatoïde. Les aliments raffinés ou transformés possédant un indice glycémique assez élevé jouent aussi un rôle dans le développement de cette maladie articulaire. Pour cela, les personnes souffrantes devront contrôler leur consommation de riz blanc, de sucre blanc, etc. Dans l’hypothèse des causes alimentaires, les professionnels de la santé mettent dans leur ligne de mire le mode de cuisson des nourritures. Selon leur étude, les molécules de Maillard se forment dans la structure des aliments lorsque ceux-ci sont soumis à une température au-dessus de 110 °C. Ces molécules sont apparemment le responsable de l’oxydation des tissus, y compris les cartilages.
Quels sont les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde ?
La polyarthrite rhumatoïde provoque chez la personne malade à peu près les mêmes symptômes que ceux d’une arthrite sévère. Elle apporte ainsi 4 facteurs concomitants sur plusieurs articulations, notamment la douleur, la montée de température, la tuméfaction et la rougeur. Les douleurs se localisent de manière symétrique dans différentes parties du corps. Il s’agit d’une douleur inflammatoire permanente même au repos et qui s’aggrave à l’effort. Cela entraîne l’enflure de presque toutes les articulations, que ce soit au niveau des mains, des pieds, des coudes, de la hanche, etc. La personne souffrante pourrait, dans ce cas, ressentir un enlaidissement la nuit ou le matin en particulier au niveau des poignets, des mains et des doigts.
Chez certaines personnes, cette maladie peut rester relativement bénigne et n’apporte pas de symptômes douloureux ou handicapants. En revanche, elle pourrait provoquer des affections sévères en cas de complication. Dans ce cadre, elle provoque une sécheresse des yeux ou de la bouche, d’où le syndrome de Gougerot-Sjögren. Elle occasionne également des nodules rhumatoïdes ou des boules qui se forment sous la peau des coudes ou des doigts. Son effet pourrait agresser les poumons, les yeux, le cœur ou les vaisseaux ainsi que les nerfs. En outre, elle favorise aussi des troubles cardiovasculaires, augmente le risque de diabète et augmente le taux de cholestérol. À cause de ces effets secondaires, cette maladie pourrait diminuer l’espérance de vie de 5 à 10 ans.
Quels sont les traitements adaptés pour soigner la polyarthrite rhumatoïde ?

Au cours de ces 20 dernières années, le traitement de la polyarthrite rhumatoïde connaît un grand nombre de progrès scientifiques. Les chercheurs se creusent ainsi les méninges pour améliorer les mesures d’accompagnement et de traitement des personnes présentant cette maladie. C’est pourquoi il existe aujourd’hui plusieurs méthodes médicales qui peuvent soulager ses impacts que cela soit sur le plan fonctionnel, psychologique, social que professionnel.


















































