Un pansement hydrocellulaire est constitué d'une mousse de polyuréthane qui absorbe l'exsudat de la plaie, recouverte d'un film externe perméable aux gaz mais étanche. La fiche Absofoam Border décrit par exemple un coussin central à trois couches, une interface silicone côté plaie et un film côté extérieur. L'objectif est double : gérer les sécrétions sans dessécher la plaie, et maintenir un milieu humide, que la HAS juge favorable à la cicatrisation. Son principal avantage : il ne colle pas au fond de la plaie, ce qui rend son retrait moins douloureux et préserve les tissus en cours de réparation.
Le pansement hydrocellulaire est souvent appelé pansement mousse. Sa mousse hydrocellulaire lui donne une grande capacité d'absorption, tout en maintenant un environnement humide optimal pour la cicatrisation. Parmi ses avantages : un retrait atraumatique grâce à l'interface silicone, un bon confort pour le patient et une protection de la plaie contre les frottements et les salissures extérieures. Il n'a pas en lui-même d'action antimicrobienne. Certaines versions, non proposées dans ce rayon, contiennent de l'argent, un agent destiné à limiter la colonisation bactérienne ; leur utilisation est réservée à certaines plaies, sur avis du soignant, et ne remplace pas le traitement d'une infection.
Les fiches de ce rayon citent des plaies aiguës ou chroniques : escarres, ulcères de jambe ou de pied, plaies chirurgicales ou traumatiques, dermabrasions, phlyctènes, déchirures cutanées. Selon les modèles, ils s'adressent aux plaies peu exsudatives (Mepilex Border Flex EM) ou aux plaies qui suintent de façon modérée à forte (Absofoam Border). Ils interviennent en général pendant la phase de bourgeonnement puis d'épidermisation, quand la plaie produit encore de l'exsudat. Une plaie très exsudative ou creuse peut nécessiter d'abord un autre pansement : les pansements alginates, par exemple, comblent les plaies profondes. Les pansements hydrocolloïdes, eux, conviennent plutôt aux plaies peu suintantes. Le choix et la fréquence de changement relèvent du soignant, qui les adapte à l'évolution de la plaie. Notre article quand mettre un pansement hydrocellulaire détaille ces situations.
La cicatrisation passe par plusieurs stades. Pendant la détersion, les tissus morts, noirs sur une plaie nécrotique ou jaunâtres, sont éliminés : le soignant choisit alors souvent un autre type de pansement. Vient ensuite le bourgeonnement, où un tissu rouge et granuleux comble la plaie, puis l'épidermisation, quand la peau se referme depuis les bords. Le pansement hydrocellulaire est particulièrement utilisé pendant ces deux dernières phases, tant que la plaie produit de l'exsudat. Le diabète est un facteur connu de retard de cicatrisation, comme une mauvaise circulation, la dénutrition, le tabac ou une pression prolongée sur la zone. Le temps nécessaire varie donc d'une plaie à l'autre : c'est le professionnel de santé qui sait évaluer son évolution et adapte le traitement des plaies chroniques.
Quatre critères guident le choix du pansement. Le type de plaie et la quantité d'exsudat d'abord : une mousse fine suffit à une plaie qui suinte peu, un coussin épais au fort pouvoir d'absorption convient à une plaie plus productive. La localisation ensuite : sacrum, talon, coude ou genou demandent un format souple ou une forme adaptée. L'état de la peau autour : une peau âgée ou fragile appelle une interface silicone et une bordure douce. La taille enfin, pour que la compresse déborde sur la peau saine. L'évaluation de la plaie par l'infirmière ou le médecin, à domicile ou au cabinet des infirmiers libéraux, reste le point de départ : c'est elle qui fixe le protocole et le rythme des soins.
Un pansement bordé possède une bordure adhésive, souvent une bordure en silicone, autour de la compresse : il est auto-fixant et ne nécessite pas de bande. Une interface silicone, comme la technologie Safetac des Mepilex ou celle d'Absofoam, adhère en douceur à la peau saine sans coller à la plaie : le retrait est dit atraumatique, utile sur une peau âgée ou fragile. Certains produits, comme HydroTac Comfort du laboratoire Hartmann, combinent la mousse avec un gel autoadhérent et un film imperméable à l'eau. En cas d'allergie connue à un adhésif, signalez-la au soignant : c'est une précaution simple pour éviter une irritation autour de la plaie. Pour la taille, la compresse doit dépasser la plaie d'au moins 1 à 2 cm sur la peau saine, comme le rappelle la fiche Mepilex Border Flex EM.
Lavez-vous les mains, préparez le matériel, puis nettoyez la plaie selon le protocole prescrit, le plus souvent au sérum physiologique, et séchez soigneusement la peau autour. Retirez le film protecteur en évitant de toucher la face qui sera au contact de la plaie. Centrez la compresse sur la plaie et appliquez la bordure sans tension, en lissant vers l'extérieur. Sur le sacrum ou le talon, choisissez une forme adaptée à la zone. Au changement de pansement, soulevez un coin et étirez doucement la bordure parallèlement à la peau pour le retirer sans douleur, puis prenez le temps de nettoyer la plaie avant d'en appliquer un nouveau. Le pansement se change quand il est saturé, décollé ou selon le rythme fixé par le soignant. La fiche Mepilex Border Flex EM précise que la pose est faite par un soignant ou sous sa supervision.
Ces trois familles entretiennent un milieu humide, propice à la cicatrisation, mais n'ont pas le même rôle. Parmi les pansements absorbants, l'hydrocellulaire est généralement choisi pour sa capacité à gérer l'exsudat en réduisant le risque de macération. L'hydrocellulaire absorbe l'exsudat : il convient aux plaies qui suintent, de peu à beaucoup selon les modèles. L'hydrocolloïde, comme les pansements doigts Urgo présents dans ce rayon, forme un gel au contact de la plaie et s'adresse surtout aux petites plaies superficielles qui ne saignent plus. L'hydrogel apporte au contraire de l'eau à une plaie sèche. Ces différents types de pansements ne sont donc pas interchangeables. Un même patient peut changer de pansement au fil de la cicatrisation : demandez l'avis de votre infirmier ou de nos pharmaciens.
À chaque renouvellement, observez la plaie et la peau autour. Une peau blanchâtre et ramollie sur les bords signe une macération : le pansement est saturé trop vite ou changé trop tard, et un modèle plus absorbant ou un pansement secondaire peut être nécessaire. Chez une personne alitée ou souffrant d'incontinence, l'humidité favorise ce problème sur le sacrum. Notez la date de pose sur le pansement : c'est pratique pour vérifier le rythme de changement. Au-delà d'un avis sur le matériel, la surveillance vise à repérer tôt les signes d'infection et à réduire le risque de complication : en cas de doute, parlez-en à votre infirmier ou à votre médecin, qui pourra adapter le traitement de la plaie.