Que faut-il savoir sur les troubles de l’érection ?

lundi 04 mars 2019
trouble de l'érection

Nombreux sont ceux qui pensent que les troubles érectiles constituent un problème marginal, ne touchant qu’une très infime partie des hommes. Ce qui n’est pourtant pas le cas. De nombreuses études permettent en effet de savoir que ce problème concernerait un homme de plus de 40 ans sur trois.

 

Voici tout ce qu’il y a à connaître sur sa définition, ses causes, son traitement, sa prévention et ses causes, entre autres.

 

Troubles de l’érection : définition

La rigidité du pénis lors de l’érection est expliquée par la montée de sang sous l’effet d’une stimulation. Cette dernière entraîne en effet un relâchement des muscles de la base du pénis. Le sang s’afflue ainsi vers les corps caverneux. Ce qui entraîne le redressement et la rigidité du pénis.

 

Toutefois, pour de nombreuses raisons, ce mécanisme peut être compromis. Le sujet souffre ainsi, dans ce cas, de troubles d’érection. Il s’agit d’une difficulté à avoir ou à préserver une érection suffisante ou durable pour bien satisfaire son partenaire sexuel.

 

Le sujet lui, de son côté, peut tout de même percevoir du désir, atteindre un orgasme et éjaculer.

 

On parle notamment de troubles de l’érection après que les problèmes aient duré plus de 3 mois et lorsqu’ils reviennent à chaque rapport sexuel. Il faut ainsi distinguer ces troubles d’une simple panne temporaire, qui est un phénomène tout à fait habituel.

 

Les troubles d’érection peuvent apparaître à n’importe quel âge. Cependant, leur fréquence est plus élevée une fois la cinquantaine arrivée. Ces problèmes toucheraient actuellement environ 3 millions d’hommes en France avec une prévalence élevée après 60 ans : 40% entre 40 et 69 ans et 50 à 75% après 70 ans. Si les hommes de 40 à 59 ans représentent 30% des individus souffrant des troubles d’érection, ceux de 18 à 39 ans n’en sont pas totalement épargnés, occupant le 1 à 9% des personnes malades. On observe aussi un taux de prévalence plus élevée chez les fumeurs, les alcooliques et les individus en situation de surpoids.

 

On constate aussi une insuffisance au niveau de la prise en charge dans le pays. Cela est dû à une certaine peur de se faire juger lors de la consultation. Heureusement que les médecins savent comment aborder le sujet pour que le sujet n’ait aucune honte à en parler.

 

Il ne faut pas également faire l’amalgame entre troubles de l’érection, priapisme et éjaculation précoce. Le second est une érection douloureuse qui peut durer deux heures ou plus et dont la survenance n’est pas liée à une stimulation sexuelle. Il ne peut même pas parvenir à une éjaculation.

 

Une personne souffrant d’éjaculation précoce, de son côté, émet de sperme avant ou en tout début de pénétration. Le plus grand point commun entre les trois est leur effet négatif sur la vie sexuelle.

 

Mais comment peut-on expliquer la survenue des troubles de l’érection ? Éléments de réponse dans la suite de l’article.

 

Troubles de l’érection : les causes

On ne peut pas désigner une seule cause pour les troubles de l’érection. Plusieurs facteurs peuvent en effet être à la source de ce problème. Les plus connus d’entre eux sont les troubles d’ordre physique, les problèmes d’ordre psychologique, la prise de certains médicaments, la chirurgie et l’hygiène de vie.

  • Problèmes d’ordre physique

De nombreux facteurs physiques sont souvent désignés comme responsable de l’érection. C’est le cas notamment des anomalies touchant les vaisseaux sanguins causés, entre autres, par l’hypercholestérolémie, le diabète, le surpoids, l’obésité et l’hypertension artérielle. Il y a aussi les plaques d’athérome dont le dépôt sur les parois des artères approvisionnant le pénis en sang peut être à la source d’une contraction des artères compromettant une bonne circulation du sang.

 

Les troubles de l’érection peuvent également être provoqués par des anomalies touchant surtout le système nerveux comme l’épilepsie, l’accident vasculaire cérébral, la sclérose en plaque et la maladie de parkinson.

 

L’insuffisance rénale et les problèmes hormonaux peuvent également être en cause, au même titre que des anomalies secondaires ayant des causes traumatiques (traumatismes de la moelle épinière, traumatismes de l’urètre, etc.).

 

D’après de nombreuses études, les troubles de l’érection liés à des facteurs physiques touchent surtout les sujets de 50 ans ou plus. Les anomalies en causes peuvent cependant exister depuis de nombreuses années, mais n’ont pas porté atteinte à l’appareil reproductif que plus tard.

  • Les problèmes d’ordre psychologique

Les troubles de l’érection peuvent aussi être liés à des facteurs psychologiques. Dans ce cas, ils touchent notamment et souvent d’une manière brutale les sujets de moins de 40 ans. Ce qui ne les empêche pas d’être attachés aux facteurs physiques.

 

Certes, on a vu que le pénis dispose de son propre mécanisme. Toutefois, les troubles psychologiques les plus fréquents comme le stress, l’anxiété et la dépression peuvent compromettre son bon fonctionnement.

 

Ils peuvent en effet provoquer une interruption de la manière de la transmission par le cerveau au pénis d’une commande pour favoriser un flux de sang supplémentaire. Il en est de même pour les problèmes relationnels de type inhibition et grande timidité.

 

Les troubles de l’érection peuvent aussi être favorisés par la peur de ne pas satisfaire sa partenaire, par des antécédents de violence ou de traumatisme sexuel ou par la réduction du désir chez l’un ou l’autre des partenaires.

 

Cependant, le plus grand facteur psychologique de ces problèmes reste la pression sociale et médiatique trop élevée. Même à une époque où l’on lutte de plus en plus contre le sexisme, les hommes se doivent toujours d’être compétitifs dans tous les domaines où ils sont appelés à évoluer.

  • La prise de certains médicaments

Il est également important de savoir qu’il existe des médicaments qui ont, parmi leurs effets secondaires, l’affaiblissement de l’érection. C’est le cas notamment de certains antidépresseurs et antihypertenseurs. Il en est de même pour les psychotropes, les anxiolytiques et certains médicaments dédiés à la lutte contre le diabète, les crises d’épilepsie et les ulcères gastriques.

 

Cela ne veut toutefois pas dire qu’il faut éviter tous ces produits. Il suffit de savoir distinguer le besoin de soigner un problème de santé et d’avoir une vie sexuelle convenable.

  • La chirurgie

S’il ne faut citer un cancer qui touche le plus les hommes, il est difficile de ne pas parler du cancer de prostate. Et ce dernier nécessite un traitement chirurgical qui peut provoquer l’absence temporaire de toute érection, la prostatectomie.

 

Une ablation large est en effet souvent réalisée par les chirurgiens pour qu’il n’y ait pas de reste de tissus cancéreux alors que les nerfs érecteurs se trouvent très près de la prostate. Si ces derniers sont touchés, une attente de deux ans, voire plus, est nécessaire pour avoir une bonne érection.

 

Dans le cas contraire, elle ne peut pas durer au-delà de 1 an.

 

Plusieurs autres chirurgies peuvent aussi être à la source des troubles érectiles. C’est le cas notamment de celles :

  • De la vessie,
  • Du rectum,
  • Et des vaisseaux sanguins abdominaux

 

  • Hygiène de vie

Les fumeurs risquent plus des troubles de l’érection que les non-fumeurs. En effet, le tabac peut engendrer des problèmes cardio-vasculaires. Sachant que les troubles de l’érection sont liés notamment à des troubles vasculaires, il est donc normal que la nicotine, élément néfaste à l’irrigation, agisse de façon négative sur la sexualité du fumeur.

 

L’alcool, en plus d’être néfaste, peut nuire à la sexualité de l’homme au même titre que la cigarette. Il compromet en effet le fonctionnement du système nerveux. Ce qui fait que les signes d’excitation n’arrivent pas correctement au cerveau. De nombreuses drogues comme le cannabis ont aussi le même effet.

 

Il faut y ajouter aussi la mauvaise alimentation. Les aliments contenant trop de sucres, de graisses et de carbohydrates portent atteinte au fonctionnement du système circulatoire. Ce qui ne permet pas d’avoir une bonne érection. Il en est de même pour les personnes qui ne font pas régulièrement assez d’exercices physiques.

 

Troubles de l’érection : le traitement

  • Le moment de la consultation

Il est inutile de s’affoler à chaque survenue de panne sexuelle. Avant de se rendre chez le médecin, il vaut vérifier s’il ne s’agit que d’un dysfonctionnement passager. Il faut en effet noter qu’à cause des stress et fatigues, des pannes sexuelles transitoires peuvent être subies par un homme. L’avancée de l’âge peut aussi y être en cause.

 

La consultation est cependant recommandée si les troubles persistent durant plus de 3 mois et sont à la source de souffrance physique et/ou psychologique.

 

Parler d’un tel problème avec un médecin n’est pas toujours facile. Pour pouvoir bien se livrer, le mieux est de privilégier celui avec lequel on se sent à l’aise.

 

Mais quel que soit le professionnel que l’on consulte, il est conscient de la difficulté ressentie par tout homme atteint de troubles de l’érection. S’il ne s’estime pas capable d’apporter une solution, il vous recommandera un confrère qui en est apte.

 

Rien ne déconseille la consultation seule dans un premier temps. Mais après, le mieux est d’associer le partenaire pour obtenir aussi bien son soutien que son implication.

  • Les traitements recommandés

Pour traiter les troubles de l’érection, les médecins pensent généralement à des traitements par voie orale. Les solutions les plus privilégiées s’appellent sildénafil, cardenafil et tadalafil. Ce sont des molécules dont les principales vocations sont la lutte contre le relâchement des muscles lisses des corps caverneux et la normalisation du flux sanguin artériel à la source de l’érection.

 

En tant que facilitateurs d’érection, ces traitements ne peuvent bien agir sans une association avec une stimulation sexuelle.

 

Il ne faut pas en prendre sans la recommandation d’un médecin, diverses contre-indications et interactions avec d’autres médicaments y étant associées. Au cours du traitement, il est également mieux d’éviter le jus de pamplemousse.

 

Le traitement peut être fait à court ou à long terme. La première solution est notamment dédiée aux hommes pour qui le problème est transitoire, étant causé, par exemple, à de longues années de solitude et d’abstinence forcée. Elle leur permettra d’être en confiance au moment de trouver une nouvelle partenaire. La deuxième solution, elle, est adressée aux hommes qui souffrent incontestablement d’une pathologie vasculaire ou dont l’âge avancé empêche d’avoir une bonne érection.

 

En fonction de son diagnostic, le médecin peut aussi prescrire le traitement hormonal des troubles de l’érection. Il se peut en effet que ces derniers soient liés à une diminution de testostérone accompagnée par des symptômes de type fatigue ou important accroissement de la graisse abdominale.

 

Grâce à ce traitement qui doit être temporaire, le sujet verra son désir sexuel renaître et sa force musculaire accrue. Le traitement hormonal nécessite une bonne surveillance des quantités de testostérone dans le sang.

 

Il existe aussi des solutions de traitement par voie locale des troubles de l’érection. Le médecin peut ainsi ordonner des injections dans le corps caverneux du pénis d’éléments favorisant l’obtention immédiate d’érection à la suite ou non d’une stimulation sexuelle.

 

Ces solutions nécessitent une prescription médicale et font l’objet d’une couverture par l’assurance maladie pour un sujet souffrant ou ayant souffert d’une atteinte physique grave comme le cancer de la prostate. Les injections constituent souvent par ailleurs le meilleur moyen du traitement des troubles d’érection en cas de contre-indications ou inefficacité des précédentes solutions.

 

Ce mode d’administration ne devra pas provoquer la peur chez le patient. Aucune douleur n’est en effet à craindre. D’ailleurs, le médecin se met à disposition pour bien accompagner le sujet durant la période d’utilisation de cette solution. L’usage est par ailleurs plus aisé grâce à la mise à disposition d’un stylo auto-injecteur.

 

Dans le cas où tous les précédents traitements n’ont pas marché, le médecin peut proposer une solution plus radicale : la pose d’une prothèse pénienne par chirurgie palliatrice. Et, car on parle de chirurgie, il est important pour le médecin de bien respecter le droit à l’information du patient en lui parlant des risques qui peuvent être liés à cette opération. Il faut en effet que le principal intéressé ait tous les éléments qu’il faut pour prendre sa décision.

 

Les prothèses utilisées peuvent être semi-rigides, gonflables 2 pièces ou gonflables 3 pièces. De nombreux spécialistes s’accordent à dire que la troisième option est la meilleure du fait de l’existence d’un réservoir du liquide physiologique contenu derrière la vessie.

 

Plusieurs paramètres doivent être considérés pour le choix de la prothèse à utiliser. C’est le cas notamment des historiques médicaux, de la demande et de l’habileté du sujet. Si ce dernier est atteint par l’arthrose ou l’obésité, il lui faut un implant semi-rigide.

 

La durée de l’opération est estimée à 60 minutes. Comme toutes opérations, des complications peuvent exister. Cependant, avec un taux de satisfaction allant de 90 à 98%, il ne sera pas de trop de dire que la pose d’une prothèse pénienne par chirurgie palliatrice constitue un acte médical auquel on peut se fier.

 

Toujours parmi les solutions de traitement des troubles de l’érection se trouve l’usage d’un type de pompe à dépression qui s’appelle vacuum. Ce dernier sera disposé sur le pénis et aura, pour rôle, de générer une dépression destinée à faire affluer le sang dans le pénis et à faire en sorte que le sang se maintient dans les corps caverneux. Son retrait doit cependant intervenir après la relation sexuelle et il faut veiller à ce que celle-ci ne dure plus de 30 minutes. À noter cependant que cette solution ne peut convenir qu’à une certaine catégorie de patient.

 

Enfin, car il se peut que les troubles d’érections aient des origines psychologiques. Il est recommandé d’associer leur traitement avec la consultation, avec le ou la partenaire, d’un sexothérapeute.

 

Troubles de l’érection : la prévention

Contrairement à ce que beaucoup peuvent penser, les troubles de l’érection constituent un problème remédiable. Il se peut même qu’ils se guérissent sans qu’aucun traitement particulier n’ait été pris. Cela ne veut toutefois pas dire qu’il ne faut pas passer par la case consultation, notamment si sa durée dépasse les 3 mois.

 

Il est aussi possible de se trouver à l’abri des troubles de l’érection en changeant certaines de ses habitudes. Parmi ces derniers figure notamment l’alimentation. Cette dernière ne doit surtout pas contenir trop de gras, de sels et de sucres.

 

La prévention passe aussi par une bonne hygiène de vie, en évitant notamment, tant que possible des substances pouvant perturber l’érection comme l’alcool et le tabac.

 

Enfin, le problème peut aussi être évité en surveillant son poids, une partie non négligeable des personnes qui en souffrent étant en situation de surpoids, voire obèses.

 

A propos de l'auteur

 

Laurence Silvestre, Docteur en Pharmacie

 

Titulaire d’un diplôme d’État de docteur en pharmacie, j’exerce la profession de pharmacien en officine depuis plus de 30 ans. J’utilise mon expertise acquise durant ma formation universitaire et la pratique continue de mon métier pour rédiger des articles de qualité à l’attention du grand public. Ces textes contiennent des conseils scientifiques et pharmaceutiques sur différents domaines liés à la santé, au bien-être et à la beauté. Mon expérience professionnelle me permet de vulgariser ces informations pour une meilleure compréhension de la part des patients. En savoir plus sur Laurence Silvestre.