Un collyre antibiotique et anti-inflammatoire sans ordonnance n'existe pas en France : ces médicaments sont délivrés uniquement sur prescription. Pour une infection superficielle de l'œil, la pharmacie propose en revanche des collyres antiseptiques en vente libre, à l'hexamidine, au céthexonium ou à la picloxydine, réunis dans notre rayon antiseptiques oculaires. Leur durée d'utilisation est courte : une à deux semaines au maximum selon le produit. Au-delà, ou en cas de douleur ou de vision floue, il est essentiel de consulter.
Quel collyre sans ordonnance selon la situation ?
Paupières collées, sécrétions
Un antiseptique local comme la Désomédine 0,1 % en solution (hexamidine) est indiqué dans les infections bactériennes de l'œil et de ses annexes : conjonctivite, blépharite. Le traitement est limité à 8 jours, puis la conduite à tenir est réévaluée.
Infection superficielle
Le Biocidan en récipient unidose (céthexonium) s'utilise à raison d'une goutte 3 à 4 fois quotidiennement, en moyenne une semaine, sans dépasser 15 jours.
Démangeaisons, larmoiement
Pour une conjonctivite allergique, un antihistaminique comme l'AllergiFlash en unidose (lévocabastine) soulage les paupières gonflées et les yeux qui démangent ou qui larmoient, dès 6 ans.
Irritation, poussière, fatigue
Une solution pour lavage oculaire au borax et à l'acide borique est indiquée en cas d'irritation conjonctivale : 1 à 3 lavages quotidiens.
Pourquoi pas de collyre antibiotique en vente libre ?
Un collyre antibiotique agit contre une bactérie. Son choix suppose un diagnostic : une conjonctivite peut être virale, allergique ou bactérienne, et un antibiotique inutile expose à des résistances. C'est pourquoi ces médicaments, comme les pommades antibiotiques et les collyres anti-inflammatoires à base de corticoïdes ou d'AINS, sont prescrits par un médecin ou un ophtalmologiste. Un corticoïde mal utilisé peut aussi aggraver certaines infections virales et provoquer des complications.
Sans ordonnance, la solution pour une infection oculaire superficielle est un antiseptique. Il ne contient pas d'antibiotique : il aide à traiter l'infection en limitant la prolifération des germes à la surface de l'œil. Voici ce que précisent les notices officielles de ces différents produits :
| Collyre | Substance active | Posologie | Durée maximale |
|---|---|---|---|
| Désomédine 0,1 % en petits flacons | Hexamidine | 1 goutte, 4 à 6 fois quotidiennement | 8 jours, puis réévaluation |
| Biocidan | Céthexonium | 1 goutte, 3 à 4 fois quotidiennement | 15 jours |
| Monosept | Céthexonium | 1 goutte, 3 à 4 fois quotidiennement | 15 jours |
| Picloxydine 0,05 % | Picloxydine | 1 goutte, 2 à 6 fois quotidiennement | 10 jours en usage courant |
N'associez pas deux antiseptiques, et si vous utilisez un autre collyre, attendez au minimum 15 minutes entre deux instillations. Si des symptômes anormaux apparaissent (rougeur, douleur), il faut arrêter le traitement et consulter.
Et pour une gêne d'origine allergique ?
Des yeux qui grattent, larmoient et gonflent au printemps, au contact d'un animal ou de la poussière évoquent une allergie. Ce n'est pas une infection : un antiseptique ou un antibiotique n'y changerait rien. Des collyres antiallergiques sont disponibles sans ordonnance :
- cromoglicate de sodium (Ophtacalm 2 %, Cromoptic, Multicrom) : 1 goutte dans chaque œil, 2 à 6 fois quotidiennement selon la sévérité ; chez l'enfant, l'accord du médecin est nécessaire ;
- lévocabastine : 1 goutte matin et soir, jusqu'à 3 à 4 fois si besoin, 5 jours au maximum sans consultation, non recommandée avant 6 ans ;
- kétotifène (Zagrapa, sans conservateur) : 1 goutte matin et soir dès 6 ans, dans la conjonctivite allergique saisonnière, pas plus d'une semaine sans avis médical.
Ces médicaments traitent les symptômes de l'allergie, pas une inflammation d'une autre cause. Si la gêne s'accompagne d'une douleur, d'une sensibilité à la lumière ou de sécrétions purulentes, mieux vaut consulter un professionnel de santé. La sélection ci-dessous présente le rayon collyres anti-allergiques de la pharmacie.
Quand consulter ?
Un collyre sans ordonnance ne convient qu'à une gêne légère et récente. Consultez sans attendre un médecin, en médecine générale ou en ophtalmologie (la cause peut être une autre maladie de l'œil), dans ces situations :
- douleur, vision floue ou baisse de la vue, forte sensibilité à la lumière ;
- œil rouge après un choc, une projection de produit, ou chez un porteur de lentilles de contact ;
- sécrétions abondantes et purulentes, paupières très gonflées ou fièvre ;
- pas d'amélioration après 8 jours de Désomédine, ou symptômes qui s'aggravent ;
- chez un bébé ou un nourrisson : pas d'automédication.
Tout savoir sur les collyres sans ordonnance
Pour bien utiliser un collyre, le geste compte autant que le produit, et le mode d'emploi est le même pour la plupart. Les notices décrivent généralement la même technique : lavez-vous les mains, regardez vers le haut, tirez légèrement la paupière inférieure vers le bas et déposez une goutte dans le cul-de-sac conjonctival. Après l'instillation, fermez la paupière quelques secondes.
Ne touchez jamais la surface oculaire avec l'embout. En cas de traitement associé, espacez les collyres de 15 minutes. Une unidose s'utilise une seule fois puis se jette : prenez-en une nouvelle à chaque application pour garder une solution stérile. Cette hygiène simple limite le risque de contaminer le produit. Pour les réactions possibles après l'instillation, lisez quels sont les effets secondaires du collyre.
Pendant une infection, les lentilles sont à retirer. La notice de la Désomédine est claire : ne portez pas de lentilles de contact pendant toute la durée du traitement. Celles du céthexonium (Biocidan, Monosept) demandent d'éviter ces produits chez les porteurs de lentilles, chez qui le risque d'intolérance locale est majoré. Pour la picloxydine et la lévocabastine, le port des lentilles est déconseillé pendant le traitement.
Un patient porteur de lentilles qui a une rougeur et une douleur doit consulter rapidement : une atteinte de la cornée est possible et relève d'un traitement prescrit.
Un flacon ouvert ne se garde pas indéfiniment : c'est également une question de sécurité. Selon les notices :
- Désomédine en solution de 10 ml : 30 jours maximum après ouverture, notez la date sur l'emballage ;
- picloxydine 0,05 % : 1 mois après la première utilisation ;
- céthexonium en unidose : le récipient ne doit pas être conservé après ouverture ;
- borax et acide borique : sans conservateur, un récipient entamé ne doit jamais être réutilisé.
Les formes en unidose, souvent sans conservateur, sont un bon complément de choix et conviennent aux yeux sensibles ; on en trouve aussi dans le rayon sécheresse oculaire. Ne partagez jamais ce matériel : il peut transmettre une infection d'une personne à l'autre.
Les notices ne disent pas toutes la même chose. Le céthexonium peut être utilisé pendant la grossesse et l'allaitement dans les conditions normales d'utilisation. La Désomédine le peut après accord du médecin ; la picloxydine doit être utilisée avec prudence. Pour le kétotifène, mieux vaut éviter pendant la grossesse, et la lévocabastine n'est pas recommandée pendant l'allaitement.
Chez l'enfant, la Désomédine contient du borax et de l'acide borique : pas plus de 5 gouttes par œil quotidiennement avant 2 ans. Les antiallergiques s'utilisent dès 6 ans, et le cromoglicate sur prescription chez l'enfant. Le vétérinaire reste l'interlocuteur pour un animal. En cas de doute, demandez à votre pharmacien.
Fumée, vent, écran, chlore ou maquillage peuvent causer une irritation oculaire sans infection, avec des yeux rouges. Dans ce cas, un lavage au borax et à l'acide borique, comme ceux du rayon solution de lavage, suffit souvent. D'autres produits traditionnellement utilisés en cas d'irritation des yeux existent, dont des médicaments homéopathiques : ils ne remplacent pas une consultation si la gêne persiste. Pour un trouble de la cicatrisation de la cornée, la vitamine B12 en collyre (Chauvin, Théa) est un traitement d'appoint.
Pour distinguer chaque type de produit, voyez notre guide comment savoir quel collyre utiliser. La sélection ci-dessous regroupe la liste des soins pour les irritations des yeux.
Questions fréquentes
Peut-on acheter un collyre antibiotique sans ordonnance ?
Non, en France les antibiotiques oculaires sont délivrés sur prescription uniquement. Sans ordonnance, on trouve des antiseptiques (hexamidine, céthexonium, picloxydine) pour les infections superficielles.
Existe-t-il un collyre anti-inflammatoire sans ordonnance ?
Les anti-inflammatoires oculaires (corticoïdes, AINS) sont sur prescription médicale. Sans ordonnance, les antiallergiques soulagent une conjonctivite allergique.
Quel collyre pour un orgelet ou un chalazion ?
Ils touchent la paupière, une annexe oculaire. Un antiseptique indiqué dans les infections de l'œil et de ses annexes peut aider pour un orgelet ; un chalazion qui persiste ou gonfle beaucoup demande une consultation.
Quel collyre pour une conjonctivite sans ordonnance ?
Tout dépend de la cause : antiseptique si elle semble bactérienne, antiallergique en cas de démangeaison et de larmoiement. Voyez notre article quel collyre pour une conjonctivite sans ordonnance.
Combien de temps utiliser un antiseptique oculaire ?
En moyenne une semaine, sans dépasser 8 jours pour la Désomédine et 15 pour le céthexonium. Chaque commande de médicaments est vérifiée par un pharmacien de la Pharmacie Silvestre.
Pharmacie française située à Domène (Isère)


























