La pédiculose de la tête désigne l'infestation par les poux de tête. Ce n'est pas une maladie grave ni le signe d'un manque d'hygiène : un pou s'installe aussi bien sur des cheveux propres. En France, elle est très fréquente chez les enfants, car la vie en collectivité (école, crèche, centre de loisirs) multiplie les contacts entre les têtes. Le pou ne saute pas et ne vole pas ; il passe d'une tête à l'autre. Il existe d'autres espèces : le pou de corps, qui vit dans les vêtements, et le morpion, ou pou du pubis. Ces poux de corps et du pubis relèvent d'un avis médical : ce rayon vise uniquement les poux du cuir chevelu.
Le premier signe est souvent une démangeaison du cuir chevelu, surtout derrière les oreilles et sur la nuque. En écartant les cheveux sous une bonne lumière, on repère les poux, petits insectes grisâtres qui se déplacent vite, et les lentes, leurs œufs, collées à la base du cheveu. Contrairement à une pellicule, une lente ne part pas quand on souffle dessus. Le moyen le plus sûr de confirmer est de passer un peigne fin sur cheveux mouillés, mèche par mèche, en vérifiant ce qui reste entre les dents. Les poux se transmettent surtout par contact direct entre les têtes, d'où leur fréquence chez les enfants scolarisés.
La plupart des références de ce rayon agissent par action mécanique : ils enrobent le pou et la lente d'un film qui les asphyxie ou les déshydrate. C'est le cas du gel-crème K.O. poux à base de diméticone, de la lotion Duo LP-Pro à l'oxyphthirine ou du soin Parasidose, qui obstrue les voies respiratoires des parasites en 30 minutes de pose. Ces formules ne contiennent pas d'insecticide. Selon leurs fiches, ce mode d'action limite le risque de résistance des poux. Le temps de pose varie beaucoup d'un produit à l'autre, de 15 minutes à 1 heure : lisez toujours la notice avant d'appliquer. Cette action physique repose souvent sur une huile de silicone, la diméticone, parfois associée à une huile de paraffine (huile de vaseline). Ces substances n'ont pas d'effet insecticide, ce qui limite le développement de résistances. Certaines lotions de ce type sont inflammables : pendant l'application et la pose, tenez la tête éloignée de toute flamme ou source de chaleur, sèche-cheveux compris, et vérifiez la notice. Évitez le contact avec les yeux. Le rinçage demande souvent plusieurs passages, avec un shampooing doux, car ces formules sont grasses. Enfin, respectez les conditions d'utilisation : âge minimum, grossesse ou allaitement, peau lésée.
Un traitement réussi tient autant au geste qu'au produit. Appliquez-le en quantité suffisante pour imprégner toute la chevelure, de la racine aux pointes, en insistant autour des oreilles, du front et de la nuque. Respectez la durée indiquée. Passez ensuite un peigne fin mèche par mèche pour retirer poux et lentes, puis lavez selon la notice. Traitez le même jour toutes les personnes infestées du foyer pour éviter les recontaminations, comme le recommande la fiche K.O. poux. Contrôlez la tête dans les jours qui suivent et renouvelez l'application si la notice le prévoit.
Une lente survivante suffit à relancer l'infestation quelques jours plus tard. Or elles sont solidement fixées au cheveu. Plusieurs soins annoncent une action sur les poux et les lentes, mais le peignage reste l'étape qui les retire physiquement. Un baume décolleur comme K.O. lentes aide à détacher les lentes mortes avant de passer le peigne. Travaillez sur cheveux démêlés, par petites mèches, et nettoyez le peigne à chaque passage. Les lentes situées à plus d'un centimètre du cuir chevelu sont généralement mortes, mais il est plus simple de toutes les retirer. Le peignage régulier des cheveux mouillés et démêlés, parfois appelé « bug busting » dans les pays anglophones où l'on parle de head lice, est une méthode sans produit. Il consiste à peigner toute la chevelure, mèche par mèche, avec un peigne à dents serrées, plusieurs fois à quelques jours d'intervalle. L'identification des lentes est plus facile sous une bonne lumière. Cette méthode demande de la patience, mais elle peut être utile chez un tout-petit, pendant la grossesse ou en complément d'un traitement local. Il se nettoie à l'eau chaude après chaque utilisation.
En période d'épidémie à l'école, vérifiez régulièrement la tête de vos enfants, par exemple une fois par semaine, mèche par mèche. Attachez les cheveux longs et évitez le partage de bonnets, écharpes, brosses ou élastiques. Un répulsif peut compléter ces précautions : le spray Puressentiel, aux huiles essentielles de lavandin, tea tree, clou de girofle et géranium, s'utilise dès 3 ans. Un répulsif ne traite pas une infestation déjà installée. Après un traitement, lavez à chaud le linge de lit et les textiles en contact avec la tête, et prévenez l'école ou la crèche. Les objets qui ne passent pas en machine (peluches, casques, bonnets) peuvent être isolés quelques jours dans un sac plastique fermé. Les recommandations de l'Assurance maladie (ameli) rappellent aussi de prévenir l'entourage pour que chacun examine sa tête.
Retrouver un pou vivant quelques jours après un traitement ne signifie pas toujours que le produit a échoué. Il peut s'agir d'une lente vivante qui a éclos, ou d'une réinfestation au contact d'un camarade. Refaites d'abord une recherche soigneuse sur cheveux humides. Si la notice prévoit une seconde application, faites-la à la date indiquée. Une vraie situation d'échec après deux traitements bien conduits justifie de consulter un médecin : il peut, dans certaines conditions, prescrire un médicament par voie orale, l'ivermectine, délivrée sur ordonnance. L'ivermectine n'est pas un produit en accès libre et ne remplace pas les mesures autour de l'enfant.