Que faut-il savoir sur le VIH et son dépistage ?

vendredi 25 janvier 2019
VIH

Depuis septembre 2015, il est possible de s’acheter en pharmacie un autotest pour le diagnostic du VIH, virus responsable du SIDA. Pour rappel, environ 172 700 individus vivaient avec cet agent en France en 2016 et 14% d’entre eux ignoraient leur état.  Pour écarter tout risque et adopter les mesures nécessaires en cas de résultat positif donc, il est indispensable  de réaliser cet autotest. Voici tout ce qu’il faut connaître à ce sujet.

 

Dépistage du VIH : raisons et moyens

Il s’agit du seul moyen donnant la possibilité de savoir s’il y a ou non infection par le VIH chez une personne. En effet, il est possible de ne rencontrer aucun problème suspect quelques mois, voire plusieurs années après avoir contracté ce virus. Pourtant, à partir de la seconde phase de l’infection, des symptômes de plus en plus graves apparaissent, et là commence la difficulté à y faire face.

 

En faisant un test donc, on pourra profiter d’une prise en charge précoce permettant de bénéficier d’une espérance de vie plus longue.

 

Ce dépistage peut s’effectuer, soit selon la technique ELISA, soit selon des tests TROD, soit via des autotests.

 

La première est connue sous le nom de « technique de 4e génération ». Elle consiste à trouver les laboratoires des anticorps anti-VIH. Pour que son interprétation soit exacte, il faut que le sujet ne s’expose à aucun risque au cours des 6 semaines précédant le dépistage.

 

TROD est le sigle de Tests de dépistage Rapide à Orientation Diagnostique. Ceux-ci se réalisent également en laboratoire. Pour une meilleure interprétation, le sujet ne devrait pas être exposé à des risques durant les 3 mois qui précèdent le diagnostic.

 

Comme leur nom le laisse déjà savoir, les autotests ou ADVIH sont à réaliser à domicile par le sujet lui-même. Pour la fiabilité des résultats, celui-ci ne devrait pas prendre de risques dans les 3 mois précédant ledit test.

 

Dépistage du VIH : comment se transmet ce virus et comment le prévenir ?

La transmission du VIH se fait via les liquides corporels, à savoir le sperme, le sang, le lait maternel et les sécrétions vaginales. Ce virus ne peut toutefois pas entrer dans une peau saine. Il accède dans l’organisme à travers une peau abimée ou une muqueuse notamment durant un rapport sexuel non protégé ou lors de l’utilisation de seringues infectées.

 

Bien que de nombreuses personnes soutiennent le contraire, la sueur, les larmes, la poignée de main et l’échange de salive par les baisers ne constituent pas des vecteurs de transmission du VIH. Il en est de même pour les piqures d’insectes, les piscines publiques, les sièges de toilette et le partage de nourriture avec un individu infecté. Il faut toutefois se méfier des objets régulièrement au contact du sang comme les seringues, le rasoir et la brosse à dents.

 

Actuellement, la seule solution de prévention du VIH est celle consistant à utiliser un préservatif masculin. Elle constitue aussi le moyen le plus efficace pour se mettre à l’abri d’autres maladies sexuellement transmissibles. Et dans une période où la propagation du virus se fait plus rapidement et d’une façon plus silencieuse, mieux vaut opter pour un tel moyen de prévention.

 

Annuellement, la France compte environ 6 500 nouveaux cas diagnostiqués et on estime qu’il y a entre 7 000 et 8 000 nouvelles contaminations non dépistées. La maladie touche notamment les adeptes de drogues injectables et les jeunes homosexuels. Mais ces dernières années, la proportion de jeunes adultes de moins de 35 ans hétérosexuels contractant le virus a augmenté d’une manière exponentielle. Le risque de contracter le virus est aussi élevé dans les zones de haute prévalence.

 

Actuellement, les pays qui compte le plus d’infectés par rapport au nombre de ses habitants se trouvent en Afrique subsaharienne : Afrique du Sud, Zimbabwe, Swaziland, Botswana, Éthiopie, etc.

 

Dans certaines situations, une proposition systématique de test de dépistage est faite par le corps médical. C’est le cas notamment du doute ou de la certitude sur la contraction d’une IST, d’une hépatite B ou C ou d’une tuberculose. Les médecins recommandent aussi d’y recourir suite à un viol, durant une incarcération, lors d’une première prescription de contraception, après une IVG ou au cours d’un projet de grossesse.

 

Dépistage du VIH : les structures qui le proposent en France et le coût

Pour se faire dépister une infection par le VIH en France, on peut se rendre auprès de nombreuses structures. Il y a en premier lieu les centres de dépistages anonymes et gratuits, connus également  sous leur sigle CDAG. Elles privilégient les techniques TROD et ELISA. Ces dernières sont aussi celles qui sont mises en œuvre par les laboratoires publics ou privés, avec ou sans prescription d’un médecin, deuxième catégorie de structure de diagnostic de VIH dans l’Hexagone.

 

Elles sont en outre  les plus proposées en centres de soins des infections sexuellement transmissibles et dans les établissements qui s’occupent de la santé des gens les plus démunis.

 

Le régime obligatoire de couverture santé prévoit une prise en charge à 100% des diagnostics VIH en laboratoire et sur ordonnance du médecin. Cet acte de santé est par contre gratuit en centres de soins publics et dans les CDAG. Il faut cependant compter 14,04 euros pour un dépistage en laboratoire sans prescription médicale.

 

Dépistage du VIH : ce qu’il faut connaître sur l’autotest

Il y a aussi l’option autotest qu’on peut acheter librement en pharmacie. Son coût moyen est de 25 euros et il n’est pas couvert par la sécurité sociale.

 

Comme son nom l’indique, un autotest est un dispositif donnant la possibilité d’effectuer soi-même le dépistage soit d’une pathologie, soit d’un état physiologique. Évidemment, les autotests VIH se trouvent dans la première catégorie. Si une partie d’entre eux requièrent l’intervention d’un professionnel de santé, une autre partie peut être utilisée par le patient, sans aide extérieure.

 

Cela fait déjà de nombreuses années que professionnels de santé et patients ont sollicité cette solution auprès des autorités compétentes. Cela est compréhensible dans un pays qui a déjà atteint la barre de 150 000 individus séropositifs il y a quelques années et dont quelques-uns n’ont pas effectué de dépistage, car ils ignorent tout de leur situation.

 

En tant que tests de dépistage rapides, les autotests VIH permettent à un sujet de connaître s’il a été ou non infecté par le VIH. C’est lui qui se chargera généralement du prélèvement nécessaire au diagnostic et de l’interprétation du résultat. Il n’aura besoin d’aucun matériel particulier. Il faudra juste se servir de ceux qui se trouvent dans la boîte de test pour avoir des résultats fiables. Le dépistage se fait usuellement avec une goutte de sang par piqure du bout du doigt. Rien n’empêche d’effectuer le test sur de la salive dans certains cas.

 

Suite à l’infection par le VIH, des anticorps ayant pour vocation de le contrer font leur apparition. Ceux-ci constituent les premières preuves de son existence dans l’organisme. Il est cependant important de noter que la détection par un autotest d’une infection de moins de 3 mois est impossible. Si sa bande colorée annonce un résultat positif, il faut une confirmation dans un laboratoire. Celle-ci se base sur les techniques d’ELISA 4e génération.

 

En cas de résultat négatif, il est toujours conseillé au partenaire sexuel d’effectuer un test. C’est le seul moyen de savoir s’il est ou non infecté.

 

Il faut aussi noter que l’autotest VIH a comme seule vocation le dépistage de l’infection par ce virus. Pour le diagnostic des autres maladies sexuellement transmissibles et des hépatites B et C donc, le mieux est de se tourner vers les moyens dédiés.

 

Dépistage du VIH : fiabilité, lieu de vente et cible des autotests VIH

En faisant des recherches sur Internet, il est possible de trouver des annonces concernant des autotests VIH fiables à 100 %. Ce qui est une aberration. En effet, même les produits ayant une certification CE peuvent être à la source de faux résultats. Il est ainsi possible qu’un individu non infecté voie afficher un résultat positif. On parle alors de résultats faux positifs. Dans le cas contraire, il est question de faux négatifs. Heureusement que la marge d’erreur est réduite pour les produits marqués CE. Il est aussi nécessaire de bien se soumettre aux préconisations des fabricants en ce qui concerne l’usage et la conservation des tests.

 

La loi française n’autorise la vente des autotests de dépistage du VIH qu’à des pharmacies physiques et leurs portails en ligne.

 

Reconnaissons toutefois que sur Internet, il n’est pas rare de trouver des sites qui n’appartiennent à aucune officine et qui en proposent. Le tout est vendu à des prix bien intéressants. Auprès de ces derniers, il est même possible de trouver des dispositifs à marquage CE. Le mieux est de les éviter, car une partie de leurs produits ne sont pas passés par des tests de performance.

 

Rien n’empêche un mineur d’utiliser un autotest de dépistage VIH. Et celui-ci n’a même pas besoin du consentement de ses parents. Toutefois, les pharmaciens doivent lui recommander un dispositif correspondant à son niveau de maturité.

 

En revanche, chez l’enfant de moins de 18 mois, l’immaturité de ses anticorps et la possible transmission mère-enfant des anticorps font qu’il faut éviter l’utilisation d’un autotest.

 

En septembre 2015, lors de sa sortie, le prix moyen d’un autototest était de 25 euros. Aujourd’hui, sur le marché, avec 2 ou 3 euros de moins, il est possible de se faire fournir un dispositif de dernière génération.

 

Dépistage du VIH : réalisation et interprétation de résultats avec un autotest

Si le test sanguin traditionnel de dépistage du VIH doit être fait à jeun, cette contrainte n’existe plus avec un autotest. Ce dernier est par ailleurs facile à utiliser. Puisqu’il ne s’agit toutefois pas d’un acte quelconque, tout sujet ne doit en faire usage sans avoir toutes les informations relatives à son emploi. Après, à lui de décider ou non de réaliser ledit acte, sans la contrainte de qui que ce soit.

 

L’utilisation de ce dispositif nécessite également une aptitude à la gestion des résultats et une connaissance des structures à contacter  si  l'on a besoin d’aide.

 

Il n’y a pas de souci à se faire en ce qui concerne la réalisation technique. Il suffit de bien voir s’il y a apparition d’une bande colorée contrôle. Le cas échéant, le mieux est de refaire le test ou de s’assurer si le dispositif fonctionne encore. Il faut lire le résultat dans les 20 ou 30 minutes après la réalisation du test pour qu’il reste valable. Aucune douleur n’est à craindre pour obtenir la goutte de sang, la petite lancette automatique se rétractant quasi instantanément. 

 

Dépistage du VIH : et après la réalisation de l’autotest ?

Il est formellement déconseillé de réutiliser un autotest de dépistage du sida qu’on a déjà utilisé. Et aucun membre de l’entourage d’un patient ne peut s’en servir pour un autre test. Après usage donc, il est recommandé de placer le test dans un sachet destiné à le recevoir. Le mettre directement à la poubelle est à éviter quand il s’agit d’un autotest sanguin. Le mieux est de le ramener à un point de collecte. Pour un autotest de salive, rien n’empêche de le mettre à la poubelle avec les autres déchets ménagers.

 

Du fait de leur lancette rétractable, les autotests sanguins ne peuvent quasiment pas transmettre le VIH à un autre individu.

 

En cas de problèmes relatifs à l’utilisation et à l’après-utilisation de ce dispositif, il est possible de joindre par téléphone le Sida Info Service, un pharmacien ou à une association de lutte contre le sida.

 

Comme vous pourrez le voir, l’autotest a apporté un véritable changement en matière de détection de VIH dans l’organisme. Il ne pourra tout de même pas prendre la place de solutions traditionnelles. Il constitue seulement un complément de ces dernières, essentiel notamment pour un premier examen de l’infection ou non par le virus.

 

A propos de l'auteur

 

Laurence Silvestre, Docteur en Pharmacie

 

Titulaire d’un diplôme d’État de docteur en pharmacie, j’exerce la profession de pharmacien en officine depuis plus de 30 ans. J’utilise mon expertise acquise durant ma formation universitaire et la pratique continue de mon métier pour rédiger des articles de qualité à l’attention du grand public. Ces textes contiennent des conseils scientifiques et pharmaceutiques sur différents domaines liés à la santé, au bien-être et à la beauté. Mon expérience professionnelle me permet de vulgariser ces informations pour une meilleure compréhension de la part des patients. En savoir plus sur Laurence Silvestre.