Comment soulager la crise hémorroïdaire ?

mardi 12 mars 2019
remede hémorroïdes

Environ 86% de la population souffre, à un moment donné, d’une crise hémorroïdaire. C’est donc une pathologie très fréquente, mais elle reste tout à fait bénigne. Le souci est que la crise hémorroïdaire peut être douloureuse et gênante, voire embarrassante pour la plupart des gens.

 

La crise hémorroïdaire apparaît lorsque les veines hémorroïdaires se dilatent. Les hémorroïdes s’estompent la plupart du temps, d’elles-mêmes. Mais si les symptômes persistent, découvrez ce qu’il faut faire pour vous soulager.

 

Tout savoir sur les hémorroïdes

Les hémorroïdes forment un groupe de veines situées au niveau du rectum lorsqu’elles sont à l’état normal. Dans cet ensemble, il existe un réseau externe qui se trouve sous la peau au bord externe de l’anus et un réseau interne qui a un rôle dans la continence anale.

 

On appelle hémorroïdes l’ensemble des troubles qui affectent ces vaisseaux sanguins. Cela peut consister en une inflammation et une dilatation anormales de ces veines dues à une augmentation locale de la pression.

 

La crise hémorroïdaire est aussi fréquente chez les hommes que les femmes. Bien que bénigne, elle peut être douloureuse et incommodante. Les hémorroïdes peuvent être internes ou externes.

 

D’une part, les hémorroïdes internes peuvent se mettre à saigner lors de l’émission de selles. Cela s’accompagne souvent de démangeaisons et d’une inflammation de la zone rectale. Parce qu’elles sont situées dans une zone innervée, les hémorroïdes internes sont beaucoup moins douloureuses que les hémorroïdes externes.

 

L’hémorroïde externe se manifeste par un prolapsus. C’est en quelque sorte une extériorisation des hémorroïdes internes.

 

La gravité de la pathologie est évaluée en fonction de l’importance des symptômes, leurs fréquences et selon qu’elle se situe dans le canal anal ou en dehors de l’anus. Elle se manifeste généralement en suivant 4 phases bien distinctes.

 

Dans la première phase, il s’agit encore d’une hémorroïde interne avec des saignements mineurs non douloureux.

 

Ensuite, dans la deuxième phase, les hémorroïdes s’extériorisent au passage des selles, mais se replacent instantanément.

 

À la troisième phase, les hémorroïdes s’extériorisent systématiquement et vous avez besoin de les replacer manuellement.

 

Et enfin, à la quatrième phase, les hémorroïdes s’extériorisent même si elles sont poussées à l’intérieur du rectum.

 

Des complications peuvent survenir. C’est le cas lors d’une infection ou d’une thrombose qui peut causer des douleurs intenses. Une intervention chirurgicale est donc nécessaire, sous anesthésie locale, par un médecin gastro-entérologue.

 

Les causes possibles de la crise hémorroïdaire

Il existe de nombreux facteurs de risques pour les crises hémorroïdaires. Les cas les plus fréquents sont dus à la période prémenstruelle et la grossesse chez la femme. En effet, la combinaison de la stimulation hormonale avec la congestion pelvienne et la gêne au retour veineux sont à l’origine des crises.

 

Lors de l’accouchement, les efforts de poussée provoquent généralement des hémorroïdes, mais elles disparaissent assez vite.

 

La constipation est une des causes de crise hémorroïdaire. Lorsque vous effectuez un effort prolongé pour évacuer la selle, les veines se dilatent. À l’inverse, la diarrhée est aussi une cause de la crise hémorroïdaire. En définitive, toutes les actions qui sont de nature à irriter le rectum, comme l’utilisation de laxatif, de suppositoires, les lavements abusifs ou la retenue de selle sont des facteurs de risques.

 

Le mode de vie peut aussi avoir un lien avec la crise hémorroïdaire. En effet, la sédentarité où vous êtes amenés à être assis de manière prolongée, ou une mauvaise posture due à un effort physique violent sont à l’origine de sensibilité aux crises hémorroïdaires.

 

D’un autre côté, l’alimentation doit être prise en compte. Certains aliments tels que le café, les boissons gazeuses, les épices et l’alcool favorisent l’apparition des crises.

 

Une alimentation pauvre en fibres peut également causer les troubles hémorroïdaires.

 

À partir d’un certain âge, on est plus susceptible d’avoir des crises hémorroïdaires. L’âge moyen d’apparition est de 40 ans. À partir de là, ses fréquences ont tendance à augmenter, surtout en cas de prédisposition familiale. Cependant, vers les 65 ans, les symptômes tendent à diminuer à cause de la perte de tonicité du sphincter.

 

Comment reconnaître une crise hémorroïdaire

Le premier symptôme qui caractérise les hémorroïdes est la douleur au niveau de l’anus. Elle peut s’accompagner de sensation de chaleur selon le cas. Les douleurs durent généralement entre 2 à 4 jours.

 

Ensuite, on reconnaît une crise hémorroïdaire par les démangeaisons qu’elle provoque. Les démangeaisons accompagnent souvent des sensations de brûlure.

 

Après cela, on note aussi des saignements après le passage aux toilettes. Elles apparaissent sur les selles et sur le papier toilette lorsque vous vous essuyez. Des fois on peut noter un écoulement de sang plus important.

 

Lorsque vous avez une crise hémorroïdaire, vous pouvez observer des tuméfactions au niveau de l’anus. Elles surviennent après une selle, à la suite d’un effort intense et en principe elles se réintègrent spontanément dans le canal anal.

 

En cas de complication, on peut observer une thrombose. Il s’agit d’un caillot de sang qui se forme à l’intérieur de l’hémorroïde et qui se manifeste par une tuméfaction  bleutée à l’entrée de l’anus, qui provoque des douleurs intenses. Le médecin peut alors réaliser une petite incision, sous anesthésie locale, pour soulager le patient.

 

La majorité des crises s’estompent d’elles-mêmes après une à deux semaines, mais les récidives ne sont pas exclues. Dans certains cas, les crises peuvent durer un bon moment. Les douleurs et les saignements peuvent même causer une anémie.

 

Si vous remarquez que ces symptômes persistent ou réapparaissent trop souvent, il vaut mieux consulter votre médecin traitant.

 

Si l’ensemble de ces symptômes désigne, la plupart du temps, une maladie hémorroïdaire, ils peuvent être révélateurs d’autres maladies de l’anus ou de l’intestin. C’est pourquoi, au moindre saignement, il est recommandé de consulter un médecin.

 

Comment prévenir les crises d’hémorroïdes

Grâce à quelques conseils pratiques, vous pouvez prévenir l’apparition des crises d’hémorroïdes. Cela consiste à des habitudes et gestes simples à adopter au quotidien.

Pour commencer, lorsque le besoin se fait sentir, vous devez absolument aller à la selle. La rétention provoque des irritations qui font dilater les veines.

 

Ensuite, évitez de faire des efforts intenses de poussée et/ou de vous asseoir de façon prolongée aux toilettes.

 

Vous devez aussi avoir un mode de vie sain. Gardez votre poids de santé, évitez la sédentarité et buvez suffisamment d’eau. Les aliments avec une forte teneur en fibres seront vos meilleurs alliés. Ce sont les céréales, les légumes verts et les fruits. Veillez aussi à limiter la consommation d’alcool, d’épices, de café et tous les aliments trop sucrés et trop gras.

 

Comment traiter les hémorroïdes

Bien que les crises hémorroïdaires ne menacent pas la vie des personnes atteintes, elles ne sont pas à prendre à la légère. Si c’est votre cas, vous devez absolument suivre un traitement adapté. Il existe de différentes façons de soigner les crises hémorroïdaires. De la bonne hygiène aux traitements médicaux, en passant par les traitements naturels, de nombreuses options s’offrent à vous.

  • Les bons gestes au quotidien

Le principe consiste à ne pas générer de l’irritation au niveau de l’anus et de la zone douloureuse. Aussi, vous ne devez pas forcer pendant la défécation. Veillez également à aller régulièrement à la selle pour ne pas durcir les matières fécales et causer des irritations. Lorsque vous allez aux toilettes, n’utilisez pas de papier toilette. Il est préférable de vous tamponner délicatement avec des lingettes pour bébé.

 

Enfin, évitez de rester trop longtemps sur le siège des toilettes, car cela provoque un relâchement des muscles rectaux qui ralentit l’irrigation sanguine dans la région anale.

 

Au niveau de cette zone, votre hygiène se doit d’être irréprochable. Vous ne devez vous laver qu’avec de l’eau, en évitant tous les produits d’hygiène classiques. Après chaque toilette, vous devez bien vous sécher.


Pour soulager les douleurs liées à la crise hémorroïdaire, faites des bains de siège à l’eau froide. Et enfin, portez des sous-vêtements en coton qui ne vous compriment pas afin d’éviter les frottements avec la zone douloureuse.

  • Traitements médicamenteux

Vous trouverez en pharmacie des médicaments antalgiques qui vous permettent d’atténuer les douleurs. Ceci est valable pour les crises de courte durée. Si les symptômes persistent, il est recommandé de consulter un médecin.


Les médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens sont efficaces contre la thrombose hémorroïdaire. Il est à noter que l’aspirine doit être évitée, car elle peut augmenter les saignements.


Il existe aussi des remèdes à usage local pour ce type de pathologie. Il s’agit de crèmes à base de corticoïdes ou de suppositoire antidouleur et anti-inflammatoire. La pommade prescrite par le médecin peut être utilisée pour refouler le prolapsus dans le canal anal, en massant délicatement du bout du doigt.

 

Certains laxatifs peuvent vous être d’une grande aide lorsque vous avez du mal à évacuer vos selles. Choisissez les produits les moins irritants tels que les laxatifs osmotiques ou laxatifs de lest.

 

Pour favoriser la circulation veineuse et soulager la zone douloureuse, des médicaments veinotoniques peuvent être utilisés.

  • Traitement homéopathique

L’homéopathie dispose de nombreux remèdes contre les crises hémorroïdaires, seulement il faut au préalable réaliser une étude complète sur le patient.  C’est ensuite à l’homéopathe de prescrire les remèdes adaptés à l’état de la personne.

  • La phytothérapie

Il s’agit d’un des moyens naturels pour soigner les hémorroïdes. Il existe des plantes dont les propriétés sont bénéfiques pour les personnes souffrant de cette pathologie.

Le cyprès, et plus particulièrement leurs noix, est utilisé pour ses propriétés anti-inflammatoires et leurs actions bénéfiques sur le système vasculaire.

 

Le Cyprès est disponible sous forme de EPS, de teinture mère et de tisane. Quant aux cônes de cyprès, ils sont aussi efficaces pour traiter les hémorroïdes.

 

Le Gingko Biloba possède des vertus thérapeutiques reconnues depuis des siècles et des siècles. Ses feuilles sont réputées pour leur action neuroprotectrice. Mais au-delà de cette fonction, il est aussi reconnu pour soulager les douleurs liées aux hémorroïdes, car il a une action bénéfique sur le système vasculaire.

 

Les feuilles séchées d’un arbuste nommé Hamamélis sont utilisées en phytothérapie pour leurs propriétés astringentes, anti-inflammatoires et pour favoriser la coagulation du sang. Leur action est reconnue dans le traitement des symptômes d’irritation et de brûlures liées à la crise hémorroïdaire.

 

L’écorce de la tige et les graines du marronnier d’Inde sont utilisées en phytothérapie sous forme d’EPS. Elles sont très efficaces pour traiter les troubles de la circulation veineuse et les symptômes de brûlures associées aux hémorroïdes.

 

Et enfin, les feuilles, les fruits et les graines de la vigne rouge sont recommandés pour traiter les brûlures et les irritations associées à une crise hémorroïdaire.

  • Traitement chirurgical

En cas d’échec des traitements naturels et médicaux, un traitement chirurgical peut vous être proposé. Il s’agit de l’endoscopie. Ce traitement fait appel à différentes méthodes qui vous permettront de renforcer le tissu de soutien des vaisseaux hémorroïdaires. Cela peut consister en une ligature électrique, une injection sclérosante, une cryothérapie, une photocoagulation et bien d’autres. Et lorsque les symptômes persistent, une intervention chirurgicale est nécessaire.

 

Sous anesthésie générale, les veines hémorroïdaires seront retirées.

 

A propos de l'auteur

 

Laurence Silvestre, Docteur en Pharmacie

 

Titulaire d’un diplôme d’État de docteur en pharmacie, j’exerce la profession de pharmacien en officine depuis plus de 30 ans. J’utilise mon expertise acquise durant ma formation universitaire et la pratique continue de mon métier pour rédiger des articles de qualité à l’attention du grand public. Ces textes contiennent des conseils scientifiques et pharmaceutiques sur différents domaines liés à la santé, au bien-être et à la beauté. Mon expérience professionnelle me permet de vulgariser ces informations pour une meilleure compréhension de la part des patients. En savoir plus sur Laurence Silvestre.

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